Appétit après 65 ans : pourquoi il change, que faire
Votre appétit a changé après 65 ans ? Comprendre pourquoi, agir simplement, et savoir quand consulter. Conseils de pharmacienne.

Mis à jour le 16 septembre 2026
Vous mangez moins qu’avant, sans savoir vraiment pourquoi ? Ou c’est votre père, votre mère, qui termine de moins en moins ses assiettes ? C’est une situation fréquente après 65 ans, et elle mérite qu’on s’y penche, sans dramatiser.
La bonne nouvelle : dans la majorité des cas, quelques ajustements simples suffisent à relancer les choses. Cet article vous aide à comprendre ce qui se passe, à agir concrètement, et à repérer les signes qui justifient d’en parler à votre médecin.
Sommaire
- Pourquoi l’appétit change après 65 ans
- Idée reçue : « il faut manger moins en vieillissant »
- À partir de quand faut-il s’inquiéter ?
- Ce que j’ai vu en pharmacie
- 3 actions concrètes à mettre en place
- En résumé
Pourquoi l’appétit change après 65 ans
Plusieurs mécanismes se combinent, souvent en même temps :
| Cause possible | Ce qui se passe | Piste simple |
|---|---|---|
| Goût et odorat moins sensibles | Les plats semblent plus fades qu’avant | Relever avec des herbes, épices douces, citron |
| Médicaments | Certains coupent l’appétit ou changent le goût | En parler à votre pharmacien, sans arrêter seul |
| Dentition, prothèse dentaire | Mâcher devient inconfortable | Faire vérifier l’appareil dentaire, adapter les textures |
| Moins d’activité physique | Le signal de faim se fait moins sentir | Une marche quotidienne, même courte |
| Isolement, repas seul(e) | Manger seul motive moins | Partager un repas par semaine avec un proche |
Ces causes se cumulent souvent. C’est pour cela qu’une seule solution suffit rarement : mieux vaut avancer sur plusieurs fronts à la fois, à votre rythme.
💭 Une idée reçue fréquente
« C’est normal de manger moins en vieillissant, on dépense moins d’énergie. »
✅ Ce que l’on sait
Les besoins en énergie baissent un peu, c’est vrai. Mais les besoins en protéines, eux, restent aussi élevés qu’avant, voire un peu plus. Le corps a plus de mal à utiliser les protéines pour entretenir les muscles. Manger moins de tout, y compris de protéines, favorise donc la perte musculaire plutôt que de la prévenir.
À partir de quand faut-il s’inquiéter ?
Une baisse d’appétit passagère, liée à une chaleur, une contrariété ou un petit rhume, n’a rien d’alarmant. Certains signes méritent en revanche d’en parler à votre médecin :
- Une perte de poids visible, ou des vêtements qui deviennent trop larges
- Un amaigrissement de plus de quelques kilos en un mois
- Une fatigue qui s’installe, ou plus de difficulté à se relever d’une chaise
- Une baisse d’appétit qui dure depuis plusieurs semaines
Ce sont des repères, pas un diagnostic. Seul un médecin peut évaluer la situation avec un pesée régulière et, si besoin, un bilan simple.
💡 Le bon réflexe : si votre médecin propose un complément nutritionnel oral ou une supplémentation en protéines, demandez systématiquement à votre pharmacien de vérifier qu’il n’interagit pas avec vos traitements en cours — c’est d’autant plus important en cas de plusieurs médicaments pris au quotidien.
Pour aller plus loin
Pour les lecteurs ou aidants qui souhaitent un niveau de détail plus clinique — critères de dépistage, seuils de perte de poids, lien avec la sarcopénie — mon article destiné aux professionnels de santé sur la dénutrition et la sarcopénie peut aussi vous intéresser.
📋 Ce que j’ai vu en pharmacie
Monique, 78 ans, est venue me voir accompagnée de sa fille, inquiète de la voir manger de moins en moins depuis quelques mois. Son bilan montrait une perte de poids d’environ 3 kg en deux mois, sans autre symptôme marqué.
En lien avec son médecin traitant, nous avons mis en place un enrichissement de ses repas habituels (poudre de lait, fromage râpé, œuf), réparti en petites portions sur la journée, ainsi qu’une marche quotidienne de 15 minutes avec sa fille.
3 mois plus tard : Monique avait repris l’essentiel du poids perdu, et retrouvé un appétit plus régulier, sans avoir eu besoin de complément nutritionnel spécifique.
Chaque situation est différente, en particulier avec un traitement en cours : ce résultat ne préjuge pas de ce que donnerait la même approche pour une autre personne.
3 actions concrètes à mettre en place
- Enrichir sans forcer les quantités : ajoutez du fromage râpé, un œuf, un filet d’huile d’olive dans les plats habituels. Cela augmente les apports sans augmenter le volume dans l’assiette.
- Répartir les protéines sur la journée : un peu à chaque repas (œufs, poisson, légumineuses, produits laitiers) plutôt que tout au dîner.
- Bouger un peu chaque jour : une marche, du jardinage, quelques pas supplémentaires — cela relance naturellement la sensation de faim.
Avant toute nouvelle supplémentation — protéines, compléments nutritionnels, vitamines — parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. C’est particulièrement important si vous suivez déjà un ou plusieurs traitements, pour éviter toute interaction.
En résumé
Un appétit qui change après 65 ans est fréquent, et dans la plupart des cas, rien d’alarmant. Repérer les causes, ajuster quelques habitudes et garder un œil sur le poids suffisent souvent à retrouver un équilibre. Si les signes d’alerte évoqués plus haut sont présents, un avis médical reste la meilleure étape suivante.
Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé, un entretien de micronutrition à distance permet de faire le point sur votre alimentation ou celle d’un proche. Les proches aidants peuvent tout à fait prendre l’initiative de cette démarche, avec ou sans la personne concernée dans un premier temps.
Sources : Haute Autorité de Santé.
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