Bière et bouffées de chaleur : le houblon suffit-il ?

Le houblon a un intérêt reconnu pour les bouffées de chaleur, mais la bière n'en apporte pas les bénéfices. Voici pourquoi, et les vraies solutions au comptoir.

« J’ai vu que le houblon était bon pour les bouffées de chaleur. Est-ce que je peux boire de la bière ? »

C’est une question qu’on nous pose régulièrement au comptoir, souvent avec un sourire en coin — et on avoue, l’idée d’une pinte fraîche en guise de traitement a un charme certain. Mais voici ce qu’il en est vraiment.

Non, boire de la bière ne soulage pas les bouffées de chaleur, même si elle contient bien du houblon. Le houblon (Humulus lupulus) renferme un composé, la 8-prénylnaringénine, qui est [Probable] capable d’atténuer les bouffées de chaleur en se fixant légèrement sur les récepteurs aux œstrogènes — un effet étudié notamment sous forme d’extraits concentrés en pharmacie.

Le problème, c’est la dose. Dans une bière, le houblon n’est présent qu’en très petite quantité — quelques grammes par litre, ajoutés surtout pour l’amertume et l’arôme, pas pour ses vertus. La teneur en 8-prénylnaringénine qui en résulte est infime, sans aucune comparaison avec les extraits standardisés utilisés dans les compléments alimentaires.

Et il y a plus embêtant encore : l’alcool est lui-même un déclencheur classique des bouffées de chaleur, au même titre que le café ou les plats épicés. Il favorise une vasodilatation qui peut intensifier la sensation de chaleur. Autrement dit, la bière risquerait plutôt d’aggraver le symptôme qu’elle est censée soulager.

Pour un effet réel, mieux vaut se tourner vers un extrait de houblon titré, en gélules, comprimés ou teinture mère, disponible en pharmacie. Deux autres réflexes utiles : limiter l’alcool en période de bouffées de chaleur, et miser sur des vêtements en couches faciles à retirer plutôt que de chercher la solution dans le verre.

Quand consulter

Si les bouffées de chaleur sont très fréquentes, perturbent nettement le sommeil ou la vie quotidienne, un avis médical permet d’évaluer l’intérêt d’un traitement hormonal de la ménopause. Par précaution, mieux vaut aussi demander conseil avant d’associer le houblon à un tel traitement, notamment en cas d’antécédent hormonodépendant.

Pour aller plus loin

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