Réglisse : bienfaits, ulcère et danger cardiovasculaire ?

Découvrez le mécanisme de la réglisse sur l'estomac et son risque cardiovasculaire réel. Guide fondé sur le rapport ANSES 2025.

La réglisse (Glycyrrhiza glabra) traîne une image d’ambivalence méritée : plante médicinale utilisée depuis l’Antiquité pour apaiser l’estomac et la gorge, elle est aussi, depuis un rapport de l’ANSES publié en juin 2025, officiellement pointée du doigt pour son risque d’hypertension artérielle et de troubles du rythme cardiaque, même à des doses qu’on croyait anodines. Entre le bonbon d’enfance et la molécule qui mime une hormone surrénalienne, il n’y a qu’un pas — et ce pas, c’est une histoire de microbiote intestinal et d’une enzyme rénale que la glycyrrhizine sait désactiver avec une redoutable efficacité.

Quelle partie de la plante utiliser, comment la préparer, jusqu’où peut-on aller sans risque, et pourquoi deux personnes consommant la même quantité ne réagissent-elles pas de la même façon ? C’est tout l’objet de ce guide.

1. La plante : botanique, composition et histoire

La réglisse, encore appelée bois doux ou racine douce, est une plante vivace de la famille des Fabacées (légumineuses), haute d’1 à 1,5 m, aux grandes feuilles pennées et aux petites fleurs violettes. Originaire du sud-est de l’Europe et de l’Asie occidentale, elle pousse aujourd’hui tout autour du bassin méditerranéen, dans le sud des États-Unis et en Asie du Sud-Ouest, dans des sols riches et humides. Ce sont ses rhizomes (racines traçantes souterraines) qui sont récoltés : jaunes à l’intérieur, à la saveur douce teintée d’amertume.

Son nom scientifique, Glycyrrhiza, vient du grec glukus (doux) et rhiza (racine). La racine renferme de l’amidon, des sucres, des coumarines, des stérols, des isoflavones (dont la liquiritine), et surtout des saponosides triterpéniques, au premier rang desquels la glycyrrhizine (acide glycyrrhizique), un composé au pouvoir sucrant environ 50 fois supérieur à celui du glucose. C’est de la glycyrrhizine que dérive, par hydrolyse, l’acide 18β-glycyrrhétinique (aussi appelé énoxolone), une molécule aux propriétés mimétiques des corticoïdes — et c’est précisément ce mimétisme hormonal qui explique à la fois les bénéfices et les risques de la plante.

ℹ️ Une plante connue depuis l’Antiquité

Hippocrate décrivait déjà ses propriétés tonifiantes et digestives. Elle figure dans la pharmacopée chinoise depuis des siècles comme stimulant, et Sainte Hildegarde l’employait comme calmant de la toux. C’est en 1950 que des chercheurs néerlandais ont formellement démontré son effet bénéfique sur la muqueuse gastrique, ouvrant la voie à son usage moderne dans les gastrites et ulcères.

2. Réglisse et estomac : le mécanisme gastro-protecteur

L’indication la mieux documentée de la réglisse reste son action sur la muqueuse gastrique. Les composés actifs de la racine stimulent la production de mucine, la glycoprotéine qui compose le mucus protecteur tapissant la paroi de l’estomac. Cette barrière renforcée limite le contact direct entre l’acidité gastrique et les cellules épithéliales, favorisant la cicatrisation des lésions muqueuses irritées — un mécanisme cytoprotecteur plutôt qu’un effet purement anti-acide.

Un angle méconnu : l’action anti-adhésive sur Helicobacter pylori

Au-delà de la protection mécanique, des travaux allemands ont montré que les extraits aqueux de réglisse et leurs polysaccharides inhibent l’adhésion d’Helicobacter pylori à la muqueuse gastrique humaine — la bactérie responsable de la majorité des ulcères gastroduodénaux et classée cancérigène de groupe 1 par le Centre international de recherche sur le cancer. In vitro, l’extrait de réglisse présente également une activité bactéricide directe sur H. pylori, avec des concentrations minimales inhibitrices de 50 à 400 mg/mL, probablement liée à deux constituants : la glabridine et l’isoliquiritigénine , des composés associés à une activité bactéricide de la réglisse contre des souches d’Helicobacter pylori.

🔮 Perspective de recherche : bloquer l’adhésion plutôt que tuer la bactérie

Les travaux de Wittschier et son équipe (Journal of Ethnopharmacology, 2009) ont montré que les polysaccharides de haut poids moléculaire extraits de la racine de réglisse empêchent H. pylori de s’ancrer aux cellules de la muqueuse gastrique, sans nécessairement la détruire — une stratégie dite « anti-adhésive » plutôt qu’antibiotique classique. C’est un mécanisme d’intérêt croissant en recherche anti-infectieuse, car il n’exerce pas la même pression de sélection sur les résistances bactériennes qu’un antibiotique.

Niveau de preuve : ⭐⭐ (études in vitro uniquement). Aucun essai clinique n’a à ce jour validé la réglisse comme traitement d’éradication d’H. pylori chez l’homme ; elle ne remplace en aucun cas la trithérapie ou quadrithérapie antibiotique recommandée par la HAS en cas d’infection confirmée.

👨‍⚕️ Conseil au comptoir

Pour l’usage digestif (gastrite, sensation de brûlure, terrain ulcéreux), orientez systématiquement vers une forme déglycyrrhizinée (DGL) si la personne envisage une prise de plus de quelques jours : elle conserve l’effet cytoprotecteur sur la muqueuse sans exposer au risque cardiovasculaire de la glycyrrhizine. En cas de douleur épigastrique persistante au-delà de deux semaines, de perte de poids ou de sang dans les selles, ce sont des signaux d’alerte qui imposent une consultation avant tout automédication.

3. Toux, inflammation, cycle menstruel : les autres indications

Indication Mécanisme proposé Niveau de preuve
Toux, rhume, irritation pharyngée Action adoucissante sur les muqueuses respiratoires, effet immunomodulateur des polysaccharides ⭐⭐⭐ Bonne (usage traditionnel bien établi)
Arthrite, inflammations cutanées et oculaires Action anti-inflammatoire de type corticoïde-mimétique, liée à la glycyrrhizine et à l’énoxolone ⭐⭐⭐ Bonne (mécanisme identifié, usage local surtout)
Syndrome prémenstruel La glycyrrhizine abaisserait le taux d’œstrogène tout en augmentant celui de la progestérone ⭐⭐ Modérée (usage traditionnel, données limitées)
Sevrage tabagique (bâton à mâcher) Substitution comportementale et sensorielle du geste ⭐⭐ Modérée (effet comportemental, pas pharmacologique)

En usage externe, la décoction concentrée de réglisse (200 g de bois par litre d’eau, réduit aux trois quarts) s’utilise en gargarismes contre les laryngites, angines, glossites et aphtes. Des crèmes et pommades à base de réglisse non déglycyrrhizinée sont également proposées en cas de psoriasis, d’eczéma ou de piqûres d’insectes, tandis que certains extraits dépigmentants entrent dans des soins cosmétiques ciblant les taches cutanées.

4. Le mécanisme de toxicité : pseudo-hyperaldostéronisme

C’est ici que se joue tout l’enjeu de sécurité de la réglisse. Une fois ingérée, la glycyrrhizine n’est pas absorbée telle quelle : elle est d’abord hydrolysée dans la lumière intestinale par des β-glucuronidases bactériennes du microbiote en acide 3β-monoglucuronyl-18β-glycyrrhétinique (A3MG), qui est rapidement absorbé et se comporte comme un inhibiteur de l’enzyme 11-bêta-hydroxystéroïde-déshydrogénase de type 2 (11β-HSD2).

Or cette enzyme a normalement pour rôle de désactiver le cortisol en cortisone au niveau du rein, empêchant le cortisol — présent en concentration bien supérieure à l’aldostérone — de venir stimuler à tort le récepteur aux minéralocorticoïdes. Quand la 11β-HSD2 est bloquée par l’A3MG, le cortisol s’accumule et active massivement ce récepteur : le rein retient sodium et eau, élimine du potassium, et la pression artérielle grimpe — un tableau appelé pseudo-hyperaldostéronisme, avec des taux de rénine et d’aldostérone paradoxalement bas puisque le système rénine-angiotensine-aldostérone est physiologiquement freiné en retour.

Glycyrrhizine (réglisse ingérée) β-glucuronidases du microbiote intestinal → hydrolyse en A3MG A3MG inhibe la 11β-HSD2 Accumulation de cortisol rénal active à tort le récepteur minéralocorticoïde Rétention hydrosodée + fuite de potassium Hypertension artérielle Hypokaliémie, troubles du rythme Rénine et aldostérone plasmatiques abaissées Variabilité interindividuelle Composition du microbiote, polymorphisme génétique de la 11β-HSD2, apport sodé concomitant

Le microbiote intestinal transforme la glycyrrhizine en A3MG, qui inhibe la 11β-HSD2 rénale et déclenche un pseudo-hyperaldostéronisme. La sensibilité varie fortement d’une personne à l’autre.

🔑 À retenir

L’effet pharmacologique de la réglisse ne s’arrête pas à la dernière prise : en raison d’un cycle entéro-hépatique, il peut persister au moins deux semaines après l’arrêt de la consommation. Ce n’est donc jamais un « coup de fatigue » isolé qui pose problème, mais une consommation répétée sur plusieurs jours.

5. L’alerte ANSES 2025 : ce qui a changé

En juin 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a publié un avis et un rapport d’expertise consacrés spécifiquement à la réglisse alimentaire , à la suite de 107 cas d’effets indésirables susceptibles d’être liés à la consommation de produits contenant de l’acide glycyrrhizique ou de la réglisse, déclarés au dispositif de Nutrivigilance entre 2009 et avril 2024. L’analyse de ces cas, associée à la littérature scientifique, a mis en évidence des symptômes d’hypokaliémie et d’hypertension pouvant entraîner des complications cardiovasculaires.

Point important pour le conseil au comptoir : certaines personnes sont particulièrement sensibles, notamment les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants, ainsi que les personnes souffrant de problèmes cardiovasculaires (en particulier d’hypertension), de problèmes rénaux ou hépatiques. L’Agence recommande désormais que l’étiquetage des aliments signale la présence, même en faible quantité, de réglisse ou de son composant actif, et invite les consommateurs concernés à signaler systématiquement leur consommation de réglisse à leur professionnel de santé.

⚠️ Des seuils de sécurité revus à la baisse

La Commission européenne retient traditionnellement une limite supérieure de 100 mg/jour de glycyrrhizine pour une ingestion régulière. Mais dans ses recommandations de 2025, l’ANSES penche pour une valeur seuil plus stricte, certains auteurs suggérant qu’une ingestion journalière de 10 mg de glycyrrhizine serait préférable pour la majorité des adultes en bonne santé. Aux États-Unis, la FDA avait déjà alerté en 2017 : chez les personnes de 40 ans et plus, consommer seulement 56 g de réglisse noire par jour (l’équivalent de 3 bonbons) pendant au moins deux semaines peut exposer à des arythmies, une insuffisance cardiaque et une hypertension artérielle.

En pratique, la réglisse ou l’acide glycyrrhizique se cache dans de nombreux produits du quotidien : confiseries, pastilles pectorales, certaines bières brunes, boissons anisées, tisanes « digestives » et compléments alimentaires. Le repère habituel « contient de la réglisse — les personnes souffrant d’hypertension doivent éviter toute consommation excessive » est jugé insuffisant par l’ANSES, notamment parce que les quantités ingérées via différentes sources s’additionnent au cours d’une même journée.

6. Perspective de recherche : pourquoi tout le monde ne réagit pas pareil

🔮 Microbiote et pharmacogénomique : la double origine de la variabilité individuelle

Deux personnes consommant la même quantité de réglisse peuvent avoir des réponses radicalement différentes, et la recherche identifie deux causes qui s’additionnent. D’une part, la capacité d’hydrolyse des β-glucuronidases du microbiote intestinal varie fortement selon la composition de la flore bactérienne de chacun, ce qui modifie directement la quantité d’A3MG produite et absorbée. D’autre part, l’activité de la 11β-HSD2 rénale elle-même dépend d’un polymorphisme génétique et diminue naturellement avec l’âge — ce qui pourrait expliquer, en partie, pourquoi les personnes de plus de 40 ans sont spécifiquement ciblées par les mises en garde de la FDA.

S’y ajoute un facteur galénique : certains composés phytochimiques présents dans l’extrait complet de réglisse interagissent avec la glycyrrhizine lors de l’absorption intestinale et en réduisent la biodisponibilité, ce qui signifie qu’un extrait de réglisse standardisé et une racine brute mâchée n’exposent pas exactement au même risque pour une teneur en glycyrrhizine équivalente sur l’étiquette.

Niveau de preuve : ⭐⭐⭐ (mécanismes bien caractérisés en pharmacologie humaine, données de terrain issues de la toxicovigilance). Il n’existe pas à ce jour de test de routine permettant de prédire individuellement la sensibilité d’une personne avant consommation : la prudence reste donc la même pour tous, mais elle explique pourquoi certains patients tolèrent occasionnellement la réglisse sans le moindre symptôme quand d’autres décompensent sur de petites quantités.

👨‍⚕️ Conseil au comptoir

Face à un patient qui dit « j’en mange depuis toujours sans problème », rappelez que la sensibilité peut évoluer avec l’âge, un traitement diurétique nouvellement introduit, ou une simple variation de l’apport en sel — le seuil de tolérance individuel n’est pas figé dans le temps.

7. Interactions médicamenteuses

La consommation régulière et importante de réglisse non déglycyrrhizinée peut interférer avec plusieurs classes thérapeutiques. L’ANSES rappelle notamment le potentiel d’interactions entre la réglisse et les médicaments diurétiques hypokaliémiants, les laxatifs stimulants, les glucocorticoïdes, les digitaliques (digoxine) et les antihypertenseurs.

Classe médicamenteuse Risque
Digoxine et digitaliques L’hypokaliémie induite par la réglisse augmente la sensibilité et la toxicité cardiaque de la digoxine
Diurétiques de l’anse et thiazidiques Majoration du risque d’hypokaliémie sévère, effet additif
Corticostéroïdes (hydrocortisone, prednisolone…) Potentialisation des effets bénéfiques et indésirables des corticoïdes
Contraceptifs oraux Susceptibilité accrue à la glycyrrhizine, majoration du risque tensionnel
Antihypertenseurs Effet antagoniste, perte de contrôle tensionnel
Laxatifs stimulants, autres plantes hypokaliémiantes Cumul du risque de perte potassique

🚫 Le réflexe « glycyrrh » au comptoir

Il faut penser à la réglisse devant tout terme commençant par « glycyrrh » sur une liste d’ingrédients (glycyrrhizine, glycyrrhizinate, extrait de Glycyrrhiza glabra) ou l’additif alimentaire E958. En cas de traitement par l’une des classes ci-dessus, mieux vaut s’abstenir de toute consommation simultanée et régulière de réglisse plutôt que de tenter d’ajuster soi-même les doses.

8. Contre-indications et grossesse

La réglisse non déglycyrrhizinée est déconseillée en cas d’hépatite cholestatique, de cirrhose du foie, d’hypertonie, de kaliopénie (manque de potassium) ou d’insuffisance rénale grave. Prise en grande quantité, elle peut par ailleurs réduire les taux de testostérone et aggraver une infertilité, une impuissance ou une baisse de libido chez l’homme.

⚠️ Grossesse : une prudence particulière

Un excès de glycyrrhizine durant la grossesse est associé à un risque accru d’accouchement prématuré, selon une cohorte finlandaise de référence publiée dans l’American Journal of Epidemiology (Strandberg et al., 2002). L’ANSES classe d’ailleurs les femmes enceintes et allaitantes parmi les populations particulièrement sensibles à surveiller en 2025. La prudence recommande d’éviter toute consommation régulière de réglisse — confiseries incluses — pendant la grossesse et l’allaitement.

9. Formes galéniques, DGL et posologie

En usage interne, la réglisse s’utilise traditionnellement en infusion ou macération à froid, à raison de 15 à 30 g de bois de réglisse par litre d’eau. Il existe également des extraits déglycyrrhizinés (DGL), dont la glycyrrhizine a été retirée : ils conservent l’effet cytoprotecteur gastrique sans exposer au risque cardiovasculaire, et sont donc à privilégier pour tout usage digestif prolongé.

Paramètre Repère de prudence
Durée de traitement (réglisse non DGL) 4 à 6 semaines consécutives maximum
Réglisse en infusion Pas plus de 8 g par jour
Poudre de réglisse Pas plus de 5 g par jour
Glycyrrhizine (repère UE historique) Maximum 100 mg/jour (3 mg/kg/jour)
Glycyrrhizine (seuil prudent, ANSES 2025) Certains auteurs recommandent de ne pas dépasser 10 mg/jour
Traitement long (ulcère, gastrite chronique) Choisir systématiquement une forme DGL

10. Réglisse du quotidien : confiseries, boissons, tabac

Le suc ou jus de réglisse, aussi appelé « sucre noir », est obtenu par décoction puis évaporation. Il sert de base aux pâtes et pastilles de réglisse vendues dans le commerce, entre dans la composition de certaines boissons anisées (type Pastis, Antésite) et de bières brunes, et parfume également certains produits du tabac. En bâton à mâcher, la réglisse est parfois utilisée comme substitut comportemental à la cigarette lors d’un sevrage tabagique — un usage qui n’échappe pas aux mêmes précautions de dose que les autres formes, en cas de consommation quotidienne prolongée.

🔑 À retenir

Les quantités de réglisse ingérées via l’alimentation courante (confiseries, tisanes, bières brunes, apéritifs anisés) s’additionnent au cours de la journée. Une personne peut ainsi dépasser le seuil de prudence sans avoir jamais pris de « complément à base de réglisse » à proprement parler.

✅ Tableau récapitulatif

Situation Conduite à tenir
Usage digestif ponctuel ou prolongé Privilégier une forme DGL, sans limite de durée liée à la glycyrrhizine
Réglisse non DGL en infusion ou pastilles Maximum 4 à 6 semaines consécutives, 8 g/jour en infusion
Hypertension, insuffisance rénale ou hépatique, hypokaliémie Éviter toute consommation régulière, signaler au professionnel de santé
Grossesse, allaitement Éviter toute consommation régulière
Traitement par digoxine, diurétiques, corticoïdes, antihypertenseurs S’abstenir de toute consommation simultanée régulière
Adulte sain, consommation occasionnelle Risque faible si l’apport global (confiseries incluses) reste sous les seuils de prudence

🔑 En résumé

La réglisse n’est ni un remède miracle ni un poison à bannir : c’est une plante à l’action gastro-protectrice bien documentée, dont la glycyrrhizine — transformée par le microbiote intestinal — peut aussi bloquer une enzyme rénale et déclencher une hypertension parfois sévère. Le rapport ANSES de juin 2025 a resserré les seuils de prudence et rappelé que femmes enceintes, personnes hypertendues, insuffisantes rénales ou hépatiques doivent particulièrement s’en méfier. Pour tout usage digestif au long cours, la forme DGL reste la solution la plus sûre ; pour tout le reste, la règle d’or est simple : pas plus de quatre à six semaines consécutives, et une vigilance sur l’ensemble des sources alimentaires de réglisse consommées dans la journée.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale ou pharmaceutique. En cas de doute sur une interaction médicamenteuse, une pathologie cardiovasculaire, rénale ou hépatique, ou pendant la grossesse et l’allaitement, demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin avant toute consommation régulière de réglisse.
Sources : ANSES, Avis et rapport d’expertise relatif à l’évaluation des risques liés à la consommation alimentaire de réglisse, juin 2025 · Ameli.fr, Réglisse, santé et médicaments · Caré W, Grenet G, Schmitt C, et al. Toxicités de l’exposition alimentaire à la réglisse : mise au point. La Revue de Médecine Interne, 2023 · Wittschier N, Faller G, Hensel A. Aqueous extracts and polysaccharides from liquorice roots inhibit adhesion of Helicobacter pylori to human gastric mucosa. Journal of Ethnopharmacology, 2009 · Krausse R, et al. In vitro anti-Helicobacter pylori activity of Extractum liquiritiae, glycyrrhizin and its metabolites. Journal of Antimicrobial Chemotherapy, 2004 · Strandberg TE, Andersson S, et al. Preterm birth and licorice consumption during pregnancy. American Journal of Epidemiology, 2002 · FDA, avertissement sur la consommation de réglisse noire, 2017.

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