Mémoire après 65 ans : comprendre les oublis
Des petits oublis après 65 ans ? Voici ce qui est normal, ce qui aide vraiment, et les signes qui méritent d'en parler.

Mémoire après 65 ans : comprendre les oublis et garder l’esprit vif
Mis à jour le 09 août 2026
Un prénom qui vous échappe, des clés introuvables, une phrase où le mot juste ne vient plus ? Ou peut-être avez-vous remarqué ce genre d’oublis chez un parent, et vous vous demandez si c’est normal ? Ces petits trous de mémoire sont extrêmement fréquents après 65 ans. Dans la grande majorité des cas, ils n’ont rien d’inquiétant. Voici pourquoi, et ce qui peut vraiment aider.
Sommaire
- Pourquoi la mémoire change à cette période de la vie
- Les causes fréquentes des trous de mémoire
- Tableau récapitulatif des causes et des signes associés
- Une idée reçue à corriger
- Ce que vous pouvez faire concrètement
- Quand consulter
Pourquoi la mémoire change à cette période de la vie
Votre cerveau continue de fonctionner très bien à cette période de la vie. Ce qui change, c’est surtout la vitesse à laquelle certaines informations sont retrouvées. Un nom, un mot, un souvenir précis : l’information est là, mais elle met parfois plus de temps à revenir.
C’est différent d’une perte de mémoire. C’est un ralentissement de l’accès à l’information, pas une disparition de celle-ci. La preuve : le mot ou le nom oublié revient souvent quelques minutes, ou quelques heures plus tard, sans effort.
Les causes fréquentes des trous de mémoire
Un sommeil moins réparateur
La mémoire se consolide en grande partie pendant le sommeil profond. Or ce sommeil profond diminue avec l’âge. Une nuit agitée peut donc directement se traduire par des oublis le lendemain.
Le stress et les soucis en tête
Un esprit préoccupé retient moins bien les informations nouvelles. Ce n’est pas propre à cette période de la vie, mais l’effet peut être plus marqué si le stress s’accumule.
Des carences en vitamines B
La vitamine B12 et la vitamine B9 (folates) jouent un rôle direct dans le fonctionnement des neurones. Une carence, fréquente après 65 ans, peut se traduire par des oublis et un ralentissement de la pensée.
La vue et l’audition
Moins bien voir ou moins bien entendre demande plus d’efforts de concentration. Le cerveau, occupé à compenser, mémorise parfois moins bien ce qui se passe autour de vous.
Certains médicaments
Certains somnifères, anxiolytiques ou médicaments contre l’allergie peuvent temporairement affecter la mémoire. Cet effet est réversible à l’arrêt du traitement, jamais à interrompre sans avis médical.
Tableau récapitulatif des causes et des signes associés
| Cause possible | Signes qui l’accompagnent souvent | Premier réflexe |
|---|---|---|
| Sommeil de mauvaise qualité | Fatigue au réveil, oublis plus fréquents en fin de journée | Parler de son sommeil au pharmacien |
| Carence en B12 ou B9 | Fatigue associée, parfois fourmillements | Bilan sanguin avec le médecin |
| Baisse de l’audition | Difficulté à suivre une conversation en groupe | Test auditif chez un spécialiste |
| Effet d’un médicament | Oublis apparus après un nouveau traitement | En parler au pharmacien ou au médecin |
💭 Une idée reçue fréquente
« Si j’oublie des choses, c’est forcément le début d’Alzheimer. »
✅ Ce que l’on sait
Non. Oublier un nom, une date, un objet rangé ailleurs que d’habitude : ce sont des oublis normaux à cette période de la vie. Ce qui distingue un trouble à surveiller, c’est la répétition d’oublis qui gênent la vie quotidienne, ou une désorientation dans des lieux familiers. Dans le doute, en parler à votre médecin permet d’être rassuré, ou d’agir tôt si besoin.
💡 Le bon réflexe : avant d’envisager un complément pour la mémoire, faites vérifier vos apports en vitamine B12 et B9 avec votre médecin, et parlez des interactions possibles avec vos traitements en cours à votre pharmacien.
📋 Ce que j’ai vu en pharmacie
Bernard, 70-75 ans, est venu me voir en entretien de micronutrition, inquiet de « perdre la tête » selon ses mots. Son bilan montrait une carence légère en vitamine B12, probablement liée à un traitement contre les brûlures d’estomac pris depuis plusieurs années.
En lien avec son médecin traitant, une supplémentation en B12 a été mise en place, sans modifier son traitement principal.
3 mois plus tard : Bernard retrouvait plus facilement ses mots, et se sentait nettement plus serein sur le sujet.
Chaque situation est différente, en particulier avec un traitement en cours : ce résultat ne préjuge pas de ce que donnerait le même protocole pour une autre personne.
Pour aller plus loin, mon article plus détaillé destiné aux professionnels de santé sur le brouillard mental peut aussi vous intéresser : Brouillard mental : et si c’était une carence ?. Le rôle de certaines plantes est aussi documenté dans mon guide sur le ginkgo biloba.
Ce que vous pouvez faire concrètement
- Soignez votre sommeil : un coucher à heure régulière favorise une meilleure consolidation de la mémoire.
- Stimulez votre esprit régulièrement : lecture, jeux de mots, conversations, apprentissage d’une nouvelle activité — ce qui vous plaît compte plus que la nature de l’activité.
- Faites vérifier vos apports en vitamines B avec votre médecin ou lors d’un entretien de micronutrition, surtout si vous prenez un traitement au long cours.
Quand consulter
Les oublis ponctuels, sur un nom ou un objet, ne doivent pas inquiéter. Certains signes méritent en revanche d’être évoqués avec votre médecin :
- des oublis qui gênent réellement les activités du quotidien,
- une désorientation dans un lieu pourtant familier,
- des difficultés à suivre une conversation simple,
- un changement de comportement remarqué par votre entourage.
Ces signes ne signifient pas automatiquement une maladie grave. Ils justifient un avis médical, qui permettra d’y voir clair et d’agir tôt si nécessaire.
En résumé
Les petits oublis du quotidien font partie de cette période de la vie, sans être un signe d’alerte en eux-mêmes. Sommeil, stress, carences en vitamines B : plusieurs pistes concrètes existent pour garder l’esprit vif.
Si vous souhaitez faire le point sur votre situation, ou celle d’un proche, un entretien de micronutrition à distance peut vous y aider. Les proches aidants peuvent tout à fait prendre cette initiative pour un parent, avec son accord.
Sources : Haute Autorité de Santé, Ameli.



