Vaccinations voyageurs : quels vaccins avant de partir en 2025 ?
Fièvre jaune, dengue, rage, mpox... Guide pratique fondé sur les recommandations HCSP 2025. Conseils de votre pharmacienne.

Chaque année, plus de 20 millions de Français partent à l’étranger — et chaque année, trop d’entre eux reviennent avec une maladie évitable. La clé ? Anticiper ses vaccinations voyageurs au moins 4 à 6 semaines avant le départ, en tenant compte des dernières recommandations du HCSP (édition 2025). Car le monde vaccinal a beaucoup évolué : deux nouveaux vaccins contre le chikungunya ont obtenu leur AMM européenne, la dengue dispose désormais d’un logigramme d’aide à la décision, le mpox (ex-variole du singe) fait son entrée officielle dans les recommandations aux voyageurs, et le schéma antirabique préexposition a été simplifié. Ce guide fait le point complet, avec les noms de vaccins, les schémas actualisés et les conseils pratiques directement applicables à votre prochain départ.
📑 Sommaire de l’article
- 1. Vaccinations voyageurs : les vaccins de base, quelle que soit la destination
- 2. Fièvre jaune : l’obligation absolue avant tout vaccin vivant
- 3. Dengue : Qdenga®, nouveau vaccin et nouvelles recommandations 2025
- 4. Chikungunya : deux vaccins enfin disponibles — mais avec des précautions importantes
- 5. Mpox (variole du singe) : nouvelles recommandations vaccinales voyageurs 2025
- 6. Vaccinations voyageurs en zone isolée : rage, encéphalite japonaise, encéphalite à tiques
- 7. Autres vaccinations voyageurs selon la destination : hépatite A, typhoïde, méningocoques
- 8. Tableau récapitulatif des vaccinations voyageurs 2025
1. Vaccinations voyageurs : les vaccins de base, quelle que soit la destination
Avant même de penser à la destination, le premier réflexe est d’ouvrir son carnet de vaccination. Les vaccinations voyageurs commencent par les immunisations du calendrier vaccinal français 2025 — diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche — qui conditionnent l’ensemble de la stratégie préventive. Sans ces bases à jour, on construit une protection sur du sable.
Depuis août 2023, les pharmaciens d’officine sont habilités à prescrire et administrer l’ensemble des vaccins du calendrier chez les personnes de 11 ans et plus — à l’exception des vaccins vivants atténués chez les immunodéprimés. Concrètement, votre pharmacien peut désormais gérer directement la mise à jour de vos rappels avant un départ, sans vous renvoyer systématiquement chez votre médecin.
Hépatite B : au-delà du calendrier de routine, cette vaccination est recommandée pour tout séjour fréquent ou prolongé dans un pays à forte ou moyenne prévalence du portage chronique du VHB (virus de l’hépatite B). En cas de départ imminent, un schéma accéléré à 3 doses rapprochées (J0, J7, J21) suivi d’une 4e dose de consolidation un an plus tard peut être proposé — ce schéma dit « à 4 doses » permet d’atteindre une protection rapide tout en garantissant une immunité durable.
ℹ️ Nouveauté 2023 : le pharmacien vaccin directement en officine
Depuis le 8 août 2023, les pharmaciens d’officine peuvent prescrire et administrer tous les vaccins du calendrier vaccinal chez les personnes de 11 ans et plus. Cela inclut les rappels dTcaPolio, hépatite A et B, méningocoques ACWY et B, et la rage — sans ordonnance préalable. Un gain de temps précieux pour le voyageur en dernière minute.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Apportez votre carnet de santé ou votre carnet de vaccination lors de toute consultation pré-voyage — en pharmacie, en médecine générale ou en centre de vaccinations internationales. Sans ce document, on reconstruit la stratégie à partir de zéro, et on risque de vacciner à nouveau inutilement ou de laisser des lacunes. Le carnet numérique sur l’application Mon espace santé est une excellente alternative.
2. Fièvre jaune : l’obligation absolue qui conditionne les autres vaccinations voyageurs
La fièvre jaune est la seule vaccination dont l’obligation administrative — au sens du Règlement sanitaire international — peut conditionner l’entrée dans certains pays. Mais au-delà de l’aspect réglementaire, c’est une maladie arbovirale (transmise par des arthropodes vecteurs, ici le moustique Aedes aegypti) dont la mortalité des formes sévères dépasse 50 %, sans traitement curatif spécifique disponible.
La vaccination est indispensable pour tout séjour en zone endémique intertropicale d’Afrique ou d’Amérique du Sud, y compris la Guyane française. Le vaccin Stamaril® (vaccin vivant atténué) est réservé aux centres agréés de vaccinations internationales — les pharmacies d’officine ne peuvent pas l’administrer. Il doit être réalisé au moins 10 jours avant le départ pour être valide administrativement, et confère une protection vie entière en une seule dose (le certificat international, le fameux « carnet jaune », est valide à vie depuis 2016).
Pourquoi ce vaccin conditionne les autres : en tant que vaccin vivant atténué, Stamaril® impose des délais d’intervalle avec les autres vaccins vivants. Le HCSP recommande un intervalle d’au moins 4 semaines entre deux vaccins vivants (rougeole-oreillons-rubéole, varicelle, vaccin oral contre le choléra notamment). En pratique : commencez toujours par la fièvre jaune, puis planifiez les autres vaccinations en cascade.
⚠️ Contre-indications importantes — Stamaril®
Le vaccin anti-amaril est contre-indiqué chez les personnes immunodéprimées (VIH avec CD4 bas, greffés, corticothérapie > 2 semaines), chez les nourrissons de moins de 6 mois et est déconseillé pendant la grossesse sauf si le départ est inévitable. Des effets indésirables graves, quoiqu’exceptionnels (< 1 cas pour 500 000 doses), ont été rapportés : maladie neurotrope et maladie viscérotrope associées au vaccin amaril (YEL-AND et YEL-AVD). Cette information figure dans la notice de Stamaril® et doit être communiquée au patient.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Si un patient se présente en pharmacie pour un départ en Afrique tropicale ou en Amazonie sans avoir pensé à la fièvre jaune, orientez-le immédiatement vers le centre de vaccinations internationales le plus proche — la liste est disponible sur le site de l’ANSM. N’administrez pas vous-même ce vaccin : il est strictement réservé aux centres agréés pour des raisons de traçabilité et de pharmacovigilance.
Planification optimale des vaccinations voyageurs incluant la fièvre jaune : respecter les intervalles entre vaccins vivants atténués est impératif pour garantir l’immunogénicité.
3. Dengue : Qdenga®, le vaccin voyageurs de la nouvelle génération (recommandations 2025)
La dengue est l’arbovirose la plus répandue au monde, touchant entre 100 et 400 millions de personnes par an selon l’OMS. Son vecteur, le moustique Aedes aegypti, sévit dans les zones tropicales et subtropicales — Asie du Sud-Est, Amérique latine, Caraïbes, Afrique subsaharienne, DOM-TOM. Depuis début 2025, le vaccin Qdenga® (Takeda) est disponible directement en pharmacie d’officine, ce qui change profondément la prise en charge pré-voyage.
Mécanisme vaccinal : Qdenga® est un vaccin tétravalent vivant atténué chimérique — c’est-à-dire qu’il contient les quatre sérotypes du virus dengue (DENV-1, 2, 3, 4) sous forme atténuée, exprimés dans un châssis viral du sérotype 2 (dengue-2). Cette architecture lui confère une couverture théoriquement totale, mais avec une nuance importante : l’efficacité protectrice contre les sérotypes DENV-3 et DENV-4 est moins robuste chez les personnes n’ayant jamais eu la dengue.
Le HCSP édition 2025 a publié un logigramme d’aide à la décision (page 26 du document officiel) intégrant trois paramètres : l’âge, les comorbidités et les antécédents de dengue. En pratique :
- Personnes de 6 à 60 ans avec comorbidités (drépanocytose, HTA compliquée, diabète, obésité, insuffisance rénale, pathologies cardio-pulmonaires chroniques, thrombocytopathies) : vaccination recommandée indépendamment des antécédents de dengue.
- Personnes de plus de 60 ans avec comorbidités : vaccination à envisager dans le cadre d’une décision médicale partagée.
- Personnes de 6 ans et plus sans comorbidité : vaccination envisageable uniquement en cas d’antécédent documenté de dengue (PCR, Ag NS1, ou sérologie positive).
🔑 Schéma vaccinal Qdenga® et précautions pratiques
2 doses en sous-cutané, espacées d’au moins 3 mois. En cas de départ imminent en zone épidémique : administrer la 1re dose au moins 2 semaines avant le départ (délai minimum pour obtenir une protection), puis la 2e dose sera réalisée au retour dans les délais requis.
Surveillance de 15 minutes après chaque injection (comme pour tout vaccin vivant). Contre-indiqué chez les immunodéprimés et les femmes enceintes ou allaitantes. En cas d’administration concomitante avec le vaccin contre la fièvre jaune, un intervalle d’un mois est recommandé pour éviter une interférence immunitaire — sauf en cas de départ imminent.
⚠️ Point de vigilance pour les personnes séronégatives
Les données disponibles ne permettent pas d’exclure un risque de forme sévère chez les personnes n’ayant jamais eu la dengue si elles sont exposées aux sérotypes DENV-3 ou DENV-4 après vaccination. Ce point doit être clairement communiqué au patient avant l’injection : la vaccination ne dispense pas des mesures de protection personnelle anti-vectorielle (répulsifs, vêtements couvrants, moustiquaires).
👨⚕️ Conseil au comptoir
Depuis le 21 janvier 2025, Qdenga® est disponible en pharmacie d’officine sans ordonnance préalable pour les 11 ans et plus. C’est une vraie nouveauté à valoriser en conseil : un patient revenant de Thaïlande avec un antécédent de dengue confirmée et préparant un second voyage peut être vacciné directement chez vous. Pensez à vérifier les antécédents de dengue et les comorbidités avant toute dispensation.
4. Chikungunya : deux vaccins disponibles pour les voyageurs — mais avec des précautions majeures en 2025
Le chikungunya a infecté quelque 620 000 personnes dans le monde en 2024, essentiellement au Brésil et en Inde. En 2025, La Réunion a connu une flambée massive (plus de 51 000 cas biologiquement confirmés au 21 mai 2025) et Mayotte a été touchée. Le nom « chikungunya » signifie « qui marche courbé » en makondé — une image évocatrice des arthralgies invalidantes, parfois chroniques, qui caractérisent la maladie.
Deux vaccins ont désormais obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne, mais leur profil de sécurité très différent impose une décision médicale individualisée :
Ixchiq® (Valvena) : vaccin vivant atténué, 1 dose en intramusculaire au moins 14 jours avant le départ. Il a été utilisé à La Réunion dans le cadre de la campagne de vaccination printanière 2025, mais cette campagne a été suspendue trois semaines après son lancement en raison de la survenue de 3 effets indésirables graves, dont 1 décès, chez des personnes de 65 ans ou plus. La pharmacovigilance nationale a recensé 47 cas d’effets indésirables entre mars et juin 2025. Résultat : Ixchiq® est désormais contre-indiqué chez les plus de 65 ans, ainsi que chez les immunodéprimés.
Vimkunya® (Bavarian Nordic) : vaccin non vivant basé sur la technologie VLP (virus-like particles — des pseudo-particules virales sans matériel génétique), 1 dose intramusculaire. Son profil de tolérance est meilleur dans les études cliniques. Il est recommandé pour les moins de 65 ans avec comorbidités, et à envisager chez les moins de 65 ans sans comorbidité et chez les plus de 65 ans. Il n’est pas encore remboursé en France (disponibilité à confirmer selon les dispensations en cours).
🚫 Ixchiq® — Contre-indications absolues (2025)
Ne pas administrer Ixchiq® aux personnes de plus de 65 ans (contre-indication mise à jour suite aux cas graves survenus à La Réunion), aux personnes immunodéprimées, aux femmes enceintes ou allaitantes, ni en cas d’hypersensibilité connue à un composant. En cas de doute sur l’âge ou les comorbidités, orienter vers Vimkunya® ou différer la vaccination jusqu’à disponibilité confirmée de Vimkunya®.
👨⚕️ Conseil au comptoir
La vaccination chikungunya sera une question de plus en plus fréquente en officine, notamment pour les patients partant à La Réunion, en Inde, au Brésil ou en Asie du Sud-Est. Mémorisez la règle des 65 ans pour Ixchiq® : au-dessus, ne pas administrer. En dessous, évaluer les comorbidités. Les deux vaccins s’administrent au moins 14 jours avant le départ pour permettre l’immunisation.
5. Mpox (variole du singe) : nouvelles recommandations vaccinales voyageurs depuis décembre 2024
Le mpox (anciennement « variole du singe ») a fait irruption dans les recommandations aux voyageurs à partir de décembre 2024, en raison de l’émergence d’un nouveau clade Ib (sous-type biologique plus transmissible) du virus MPXV en République démocratique du Congo et de sa diffusion aux pays voisins. Ce n’est plus seulement une alerte pour les voyageurs à comportement à risque sexuel : les travailleurs humanitaires, les expatriés et les personnels de santé en zone de circulation active sont également concernés.
Le vaccin : Imvanex® (Bavarian Nordic) — vaccin antivariolique de 3e génération, virus modifié de la vaccine d’Ankara (MVA), non réplicatif. Il est disponible dès l’âge de 12 ans depuis septembre 2024. Schéma : 2 doses en sous-cutané à 28 jours d’intervalle (ou une dose de rappel si vaccination antivariolique antérieure datant de plus de 10 ans).
À qui proposer la vaccination mpox chez les voyageurs ? Le HCSP 2025 cible trois populations :
- Les personnes à risque sexuel élevé (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes avec partenaires multiples) se rendant en zone de circulation active des clades Ia et/ou Ib ;
- Les professionnels exposés en zone endémique : expatriés, personnels de santé, travailleurs humanitaires ;
- Les personnes originaires de zones de circulation active rendant visite à leur famille.
ℹ️ Où en est l’épidémie mondiale de mpox en 2025 ?
Le clade Ib, identifié en RDC fin 2023, se distingue du clade IIb (responsable de l’épidémie mondiale 2022) par une transmissibilité accrue, y compris par contact non sexuel rapproché. Il reste principalement endémique en Afrique centrale et orientale (RDC, Burundi, Rwanda, Ouganda, Kenya). Les voyageurs en séjour prolongé dans ces régions, en particulier ceux travaillant avec des populations locales, sont les principaux concernés par la prévention vaccinale.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Le mpox est souvent méconnu des voyageurs, y compris de ceux qui partent en Afrique centrale pour des missions humanitaires. Lors d’un conseil pré-voyage, intégrez systématiquement la question du pays de destination et du type d’activité professionnelle ou bénévole prévu. Un humanitaire partant au Congo ou au Burundi pour plusieurs semaines doit être orienté vers la vaccination Imvanex® — idéalement 4 semaines avant le départ pour compléter les deux doses.
6. Vaccinations voyageurs en zone isolée : rage, encéphalite japonaise, encéphalite à tiques
Rage : un schéma préexposition désormais simplifié à 2 doses
La rage reste une cause de mortalité significative dans les pays en développement — selon l’OMS, environ 59 000 décès par an, dont une majorité en Asie du Sud et en Afrique. L’élément à bien comprendre est la logique de la vaccination préexposition : elle ne protège pas à 100 % en cas d’exposition, mais elle simplifie radicalement le traitement postexposition et, surtout, supprime la nécessité d’immunoglobulines antirabiques — souvent indisponibles dans les pays en développement.
Nouveauté 2025 : le schéma vaccinal préexposition a été simplifié par le HCSP. On passe de 3 doses (J0, J7, J21 ou J28) à 2 doses à J0 et J7 pour les immunocompétents, avec un rappel à 1 an puis tous les 5 ans. Pour les immunodéprimés, le schéma reste à 3 doses (J0, J7, J21 ou J28), avec contrôle sérologique 2 à 4 semaines après la 1re dose.
🔑 Qui vacciner contre la rage avant un voyage ?
La vaccination antirabique préexposition est indiquée pour tout séjour prolongé ou aventureux, en situation d’isolement, dans un pays à haut risque (Asie, Afrique dont Afrique du Nord, Amérique du Sud, pays en développement — hors quelques îles). Elle est particulièrement recommandée chez les jeunes enfants dès l’âge de la marche : ils ont un risque de morsure ou de contact (léchage sur peau excoriée, griffure) plus élevé et souvent non signalé par eux-mêmes à leurs parents.
Encéphalite japonaise : Ixiaro® — schéma inchangé
L’encéphalite japonaise est une arbovirose à flavivirus (même famille que la fièvre jaune et la dengue) transmise par les moustiques Culex — qui piquent au crépuscule et en soirée, à l’opposé de l’Aedes. Le réservoir est animal : oiseaux sauvages et porcs domestiques. La maladie est endémique dans les zones rurales d’Asie du Sud et de l’Est, avec une transmission maximale pendant la saison des pluies.
Si l’infection est le plus souvent asymptomatique, les formes encéphalitiques (moins de 2 % des infections) sont gravissimes : mortalité de 30 à 50 %, séquelles neurologiques graves chez 30 à 50 % des survivants. Sans traitement curatif.
Vaccin Ixiaro® : 2 injections de 0,5 mL à J0 et J28, rappel à 1 an puis tous les 3 ans. Indiqué chez les adultes de 18 ans et plus, et chez les enfants à partir de 2 mois (forme pédiatrique). Tolérance bonne. Le schéma complet doit être terminé au moins 1 semaine avant le risque d’exposition. La vaccination est indispensable pour tout séjour de plusieurs semaines en zone rurale (camping, randonnée, activité professionnelle extérieure, rizières irriguées) au Pakistan occidental, aux Philippines, dans le nord et le centre de la Chine, et dans le sud de l’Indonésie.
Encéphalite à tiques
La vaccination est recommandée pour les séjours en zone rurale ou forestière d’endémie en Europe centrale, orientale et septentrionale, du printemps à l’automne. Schéma : 3 injections à M0, entre M1 et M3, puis entre M5 et M12. Premier rappel dans les 5 ans (3 ans pour les plus de 60 ans). Présentation pédiatrique disponible dès l’âge de 1 an.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Pour les voyageurs partant faire de la randonnée dans les forêts de Bavière, d’Autriche ou des pays baltes à partir du printemps, la question de l’encéphalite à tiques est souvent oubliée. Pensez à l’évoquer dès qu’un patient mentionne une forêt d’Europe centrale ou orientale. Rappel : la prévention mécanique (répulsifs, vêtements couvrants, inspection corporelle après balade) reste complémentaire à la vaccination, car les tiques peuvent également transmettre la borréliose (maladie de Lyme), contre laquelle il n’existe pas de vaccin disponible en France.
7. Autres vaccinations voyageurs selon la destination : hépatite A, typhoïde, méningocoques, choléra
Hépatite A
La vaccination contre l’hépatite A (Havrix® ou Avaxim®) est recommandée pour tout voyage dans un pays où l’hygiène est précaire — quelles que soient les conditions du séjour. Le virus se transmet par voie fécale-orale (eau et aliments contaminés). L’hépatite A est une maladie aiguë qui guérit spontanément mais peut être sévère, notamment chez les adultes.
Schéma : 1 injection (1 mL pour les 15 ans et plus, 0,5 mL pour les 1-15 ans) suivie d’un rappel entre 6 mois et 1 an (extensible jusqu’à 5 ans après la 1re dose). La durée de protection est de 20 à 25 ans après les 2 doses.
Précaution : un examen sérologique préalable (IgG anti-VHA) est recommandé pour les personnes nées avant 1945, ayant un antécédent d’ictère, ou ayant passé leur enfance dans un pays de forte endémicité — leur immunité naturelle rend la vaccination inutile.
Tyavax® (vaccin combiné typhoïde + hépatite A) : ce vaccin combiné pratique a été retiré du marché en 2024. Il n’est plus disponible. Les deux vaccinations doivent désormais être réalisées séparément.
Fièvre typhoïde
La vaccination contre la fièvre typhoïde est recommandée pour les séjours prolongés ou dans de mauvaises conditions dans des pays à hygiène précaire. Un vaccin oral vivant atténué, Vivotif® (3 gélules en jours alternés), a été ajouté à l’arsenal disponible en 2024, en complément du vaccin injectable polysaccharidique Typhim Vi® (1 injection, 15 jours avant le départ, durée de protection 3 ans).
ℹ️ Efficacité limitée de la vaccination typhoïde
L’efficacité du vaccin typhoïde est de 50 à 80 % — insuffisant pour s’en remettre uniquement à la vaccination. Les recommandations d’hygiène alimentaire (ne boire que de l’eau embouteillée ou traitée, éviter les crudités et les glaces, peler les fruits) restent indispensables et complémentaires, même chez le voyageur vacciné.
Infections invasives à méningocoques
Pour les voyageurs, la vaccination méningococcique tétravalente ACWY (Nimenrix®, Menquadfi® ou Menvéo®) est recommandée pour les personnes se rendant dans la ceinture africaine de la méningite — zone de savane et de Sahel, du Sénégal à l’Éthiopie, pendant la saison sèche (hiver et printemps). Elle est exigée par les autorités saoudiennes pour le pèlerinage de La Mecque et de Médine, valide à partir de J+10 après l’injection.
À noter : en 2024, 12 cas d’infections invasives à méningocoques ont été rapportés dans plusieurs pays (France, Royaume-Uni, États-Unis) chez des personnes revenues du pèlerinage Umrah à La Mecque — rappelant que cette exigence vaccinale n’est pas qu’administrative. La durée de validité administrative du certificat est de 5 ans pour les vaccins conjugués (mention « conjugué » obligatoire sur le certificat), 3 ans pour les non conjugués.
Choléra
Les flambées épidémiques de choléra persistent à l’échelle mondiale (Angola, Soudan, Soudan du Sud, RDC, Éthiopie notamment), mais aucun surrisque spécifique n’a été objectivé pour les voyageurs selon le HCSP 2025. La vaccination anticholérique (Dukoral®, voie orale) reste réservée aux professionnels de santé et humanitaires amenés à intervenir auprès de malades en situation d’épidémie. Pour les autres voyageurs, une prévention efficace repose sur l’hygiène alimentaire stricte.
👨⚕️ Conseil au comptoir — vaccinations voyageurs et centre spécialisé
En dehors des vaccins disponibles directement en officine (hépatite A, typhoïde, méningocoques ACWY, rage, Qdenga®), certaines vaccinations imposent un passage par un centre de vaccinations internationales agréé : fièvre jaune (Stamaril®), mais aussi l’encéphalite japonaise (Ixiaro®) pour les schémas complets. Orientez vers le centre le plus proche — la liste est consultable sur le site de l’ANSM ou via sante.fr.
8. Tableau récapitulatif des vaccinations voyageurs 2025
| Vaccin | Spécialité | Destination / Indication | Schéma 2025 | Officine ? | Niveau de preuve ⭐ |
|---|---|---|---|---|---|
| Fièvre jaune | Stamaril® | Afrique intertropicale, Amazonie, Guyane (obligatoire) | 1 dose vie entière — J-10 min avant départ | Non — centre agréé | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Dengue | Qdenga® (Takeda) | Zones tropicales — selon logigramme HCSP 2025 (comorbidités / antécédents dengue) | 2 doses SC à 3 mois d’intervalle — protection dès J14 après dose 1 | Oui (dès 11 ans) | ⭐⭐⭐⭐ |
| Chikungunya | Ixchiq® (vaccin vivant) / Vimkunya® (non vivant) | Zones de circulation active (Réunion, Inde, Brésil, Asie SE) — selon âge et comorbidités | 1 dose IM — au moins 14 j avant départ. Ixchiq® CI > 65 ans | Oui (12 ans+) | ⭐⭐⭐⭐ |
| Mpox | Imvanex® (Bavarian Nordic) | Afrique centrale/orientale — voyageurs exposés (risque sexuel, humanitaires, soignants) | 2 doses SC à J0 et J28 (dès 12 ans) | Oui (12 ans+) | ⭐⭐⭐⭐ |
| Rage | Rabipur® / Vaccin rabique Merieux® | Asie, Afrique, Amér. du Sud — séjour prolongé/isolé, enfants en bas âge | Nouveau 2025 : 2 doses J0–J7 (immunocompétents) ou 3 doses (immunodéprimés) | Oui (16 ans+) | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Encéphalite japonaise | Ixiaro® | Asie rurale — Indonésie sud, Philippines, Chine nord, Pakistan ouest (saison des pluies) | 2 doses à J0–J28, rappel 1 an puis /3 ans. Schéma terminé J-7 avant départ | Non — centre agréé | ⭐⭐⭐⭐ |
| Encéphalite à tiques | FSME-Immun® / Encepur® | Forêts Europe centrale/orientale/septentrionale (printemps-automne) | 3 doses à M0, M1-3, M5-12 — rappel à 5 ans (3 ans si >60 ans) | Oui (11 ans+) | ⭐⭐⭐⭐ |
| Hépatite A | Havrix® / Avaxim® | Tous pays à hygiène précaire | 1 dose + rappel 6 mois à 5 ans. Sérologie préalable si né avant 1945 | Oui (11 ans+) | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Typhoïde | Typhim Vi® / Vivotif® (oral, nouveau) | Séjour prolongé en pays à hygiène précaire | 1 dose injectable J-15 (Typhim Vi®) ou 3 gélules J1/J3/J5 (Vivotif®). Efficacité 50-80 % | Oui (11 ans+) | ⭐⭐⭐ |
| Méningocoques ACWY | Nimenrix® / Menquadfi® / Menvéo® | Ceinture africaine de la méningite, pèlerinage La Mecque (exigé) | 1 dose — valide J+10 à 5 ans (vaccin conjugué). Mention « conjugué » obligatoire sur le certificat | Oui (11 ans+) | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| Choléra | Dukoral® (oral) | Uniquement personnels de santé/humanitaires en épidémie active | 2 doses orales à 1-6 semaines d’intervalle | Oui | ⭐⭐⭐ |
Vaccinations voyageurs 2025 : principaux vaccins recommandés par zone géographique selon les recommandations HCSP 2025. Cette carte ne remplace pas une consultation personnalisée en centre de médecine du voyage.
🔑 En résumé — Vaccinations voyageurs 2025
Les vaccinations voyageurs sont en pleine évolution : la dengue dispose d’un vaccin officinale (Qdenga®) et d’un logigramme de décision personnalisé, le chikungunya de deux nouvelles AMM européennes (avec une vigilance particulière pour Ixchiq® au-delà de 65 ans), le mpox intègre officiellement les recommandations aux voyageurs depuis décembre 2024, et la rage adopte un schéma préexposition simplifié à 2 doses. Le point de départ reste inchangé : ouvrir le carnet de vaccination 4 à 6 semaines avant le départ, vérifier les bases (dTcaPolio), commencer par la fièvre jaune si la destination l’exige, et construire la stratégie vaccinale en cascade. Votre pharmacien peut désormais prendre en charge directement la majorité de ces vaccinations pour les patients de 11 ans et plus.
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Sources : Haut Conseil de la santé publique (HCSP), Recommandations sanitaires aux voyageurs, édition 2025 (publiée le 1er juillet 2025) — HCSP, Recommandations sanitaires aux voyageurs 2024, mise à jour du 24 avril 2025 — Vaccination Info Service (Santé publique France), Vaccinations voyageurs 2025 — VIDAL, « Recommandations sanitaires aux voyageurs 2025 : les points clés à retenir », juillet 2025 — Ordre National des Pharmaciens (CNOP), « Voyage et santé : recommandations 2025 » — Ameli.fr, prévention des méningites 2025-2026.
Cet article est rédigé à titre informatif et pédagogique par Anne-Sophie Delepoulle, Docteure en Pharmacie. Il ne se substitue pas à une consultation médicale personnalisée ni à un avis de centre de médecine du voyage. Les recommandations vaccinales sont susceptibles d’évoluer ; consultez toujours les recommandations HCSP en vigueur avant votre départ.



