Huile essentielle arbre à thé : bienfaits et utilisation

Propriétés anti-infectieuses, antifongiques, antivirales du tea tree. Guide pratique du pharmacien fondé sur les données actuelles.

Huile essentielle arbre à thé : bienfaits, usages et précautions

📅 Publié le 2 décembre 2014 🔄 Dernière révision 8 août 2026 ⏱️ 18 min de lecture

L’huile essentielle d’arbre à thé (Melaleuca alternifolia, famille des Myrtacées) est l’une des rares huiles essentielles dont l’efficacité anti-infectieuse est soutenue par un corpus scientifique solide — plusieurs dizaines d’études cliniques et pharmacologiques publiées dans des revues indexées. Aussi appelée tea tree, elle constitue un outil précieux au comptoir pour les infections cutanées, les mycoses, les aphtes et les petits problèmes ORL — à condition de respecter des règles d’emploi strictes, car sa puissance chimique impose de vraies précautions.

Son profil phytochimique, dominé par le terpinèn-4-ol (principe actif principal, environ 30–40 %), lui confère un spectre d’action antimicrobien large, validé notamment par les travaux de Carson et al. (Clin Microbiol Rev, 2006) dans une revue de référence régulièrement citée en aromathérapie clinique.

⚡ L’essentiel en un coup d’œil

🎯 À quoi ça sert, vraiment ?

  • Acné, mycoses des pieds, pellicules — indications les mieux documentées par ECR (⭐⭐⭐⭐)
  • Herpès labial, furoncle simple, poux — appoint local utile mais preuves plus limitées (⭐⭐ à ⭐⭐⭐)
  • Pas un substitut à l’antibiothérapie en cas d’infection bactérienne confirmée

💊 Comment le/la conseiller ?

  • Vérifier la conformité ISO 4730 (terpinèn-4-ol ≥ 30 %, cinéole ≤ 15 %)
  • Diluer systématiquement dans une huile végétale (1 à 5 %) pour un usage répété
  • Délai d’effet : quelques jours (herpès) à plusieurs semaines (mycoses, pellicules)

🚫 4 questions à poser avant de conseiller

  • La personne est-elle enceinte, allaitante ou asthmatique ?
  • S’agit-il d’un jeune garçon prépubère (usage prolongé à éviter) ?
  • Un test de tolérance au pli du coude a-t-il déjà été réalisé ?
  • L’infection est-elle confirmée bactérienne et nécessite-t-elle un traitement médical en parallèle ?

Le détail de chaque point — mécanismes, preuves, sources — est développé section par section ci-dessous.

1. Histoire et origine de l’huile essentielle arbre à thé

En bref : utilisée depuis des siècles par les Aborigènes Bundjalung, l’huile de tea tree a été analysée scientifiquement dès 1925 pour son fort pouvoir antiseptique.

Melaleuca alternifolia pousse à l’état sauvage dans les zones marécageuses du nord-est de la Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Sa découverte par les Occidentaux remonte à 1770, lors du premier voyage du capitaine James Cook : ses équipiers observèrent les Aborigènes Bundjalung infuser les feuilles pour préparer une boisson épicée aux propriétés cicatrisantes et antiseptiques — d’où le nom « arbre à thé » (tea tree), sans lien avec le thé vert.

L’exploitation commerciale débute dans les années 1920–1930, quand le chimiste australien Arthur Penfold publie les premières analyses de l’huile (J R Soc NSW, 1925), démontrant un pouvoir antiseptique 11 à 13 fois supérieur au phénol de référence de l’époque. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’huile de tea tree est incluse dans les trousses de premiers secours des soldats et des marins australiens avant d’être progressivement supplantée par les antibiotiques de synthèse, avant de connaître un regain d’intérêt dans les années 1980–1990.

ℹ️ Production et qualité

L’huile essentielle est obtenue par distillation à la vapeur d’eau des feuilles et rameaux terminaux. La norme ISO 4730 (2017) définit les plages de composition obligatoires : terpinèn-4-ol ≥ 30 %, 1,8-cinéole ≤ 15 %. Vérifiez toujours que le flacon mentionne cette norme ou la composition détaillée : une huile à faible terpinèn-4-ol et fort cinéole est moins efficace et plus irritante.

👨‍⚕️ Conseil au comptoir

Demandez systématiquement à votre patient s’il a déjà utilisé du tea tree : une sensibilisation cutanée préalable est possible, surtout avec des huiles oxydées (flacons mal fermés ou anciens). Proposez toujours un test sur le pli du coude avant la première utilisation.

Composition typique de l’HE de Melaleuca alternifolia (norme ISO 4730 — chémotype terpinèn-4-ol) Terpinèn-4-ol ~35 % Principe actif principal : action anti-infectieuse majeure γ-Terpinène ~20 % Antioxydant, stabilise la formule α-Terpinène ~10 % 1,8-Cinéole ≤ 15 % Irritant cutané potentiel — ISO 4730 impose ≤ 15 % Autres (~44 composés) ~20 % Terpinen-4-ol, p-cymène, α-terpinéol, aromadendrène… Source : Carson CF et al., Clin Microbiol Rev, 2006 — norme ISO 4730:2017

Schéma de la composition de l’huile essentielle arbre à thé (Melaleuca alternifolia) — le terpinèn-4-ol est le marqueur qualité principal selon la norme ISO 4730.

2. Composition chimique et chémotypes de l’huile essentielle arbre à thé

En bref : plus de 100 composés identifiés, mais l’activité repose sur le terpinèn-4-ol (≥ 30 %) ; le 1,8-cinéole doit rester sous 15 % pour éviter l’irritation.

L’huile essentielle de Melaleuca alternifolia contient plus de 100 composés identifiés, mais son activité biologique repose essentiellement sur une poignée de molécules clés. Le terpinèn-4-ol (un monoterpène alcool) en constitue le marqueur pharmacologique principal : c’est lui qui perturbe la membrane des bactéries, des champignons et de certains virus, en modifiant sa perméabilité et en inhibant la respiration cellulaire microbienne (Cox et al., J Appl Microbiol, 2000).

Le 1,8-cinéole (eucalyptol), second composé notable, est limité à 15 % maximum par la norme ISO 4730 : au-delà, il devient irritant cutané et muqueux. Méfiez-vous des huiles bon marché dont la composition n’est pas détaillée — une huile à fort cinéole est moins efficace et peut provoquer des réactions locales.

🔑 À retenir

Deux critères qualité indiscutables à l’achat : terpinèn-4-ol ≥ 30 % et 1,8-cinéole ≤ 15 %. Exigez un flacon avec composition détaillée ou la mention « conforme ISO 4730 ». Une HE oxydée (couleur jaunissante, odeur âcre) perd en efficacité et gagne en irritance — jeter après 12 à 18 mois d’ouverture.

👨‍⚕️ Conseil au comptoir

En pharmacie, orientez vers des marques proposant un bulletin d’analyse par lot (certaines l’intègrent en QR code sur le flacon). Pour les patients sensibles ou atopiques, préférez une huile fraîche, conservée à l’abri de la lumière et de la chaleur, et recommandez une dilution systématique à 1–5 % dans une huile végétale neutre (jojoba, amande douce).

🆚 Mythe ou réalité ?

❌ Ce qu’on entend souvent

« C’est naturel, donc ça ne peut pas être dangereux — on peut l’appliquer pur partout. »

✅ Ce que montre la recherche

Faux (⭐⭐⭐⭐, consensus toxicologique). Le tea tree pur est fortement irritant sur les muqueuses et l’œil, allergisant en cas d’oxydation, et associé à des cas de gynécomastie prépubertaire en usage prolongé chez le jeune garçon (Henley et al., 2007). « Naturel » ne signifie pas « sans risque » — c’est une molécule active à part entière, à diluer et à doser comme telle.

3. Propriétés pharmacologiques de l’huile essentielle arbre à thé

En bref : spectre large — antibactérien (y compris SARM), antifongique, antiviral, anti-inflammatoire et immunostimulant — documenté par une revue de référence de 2006 et ses mises à jour récentes.

Le spectre d’activité du tea tree est remarquablement large pour une molécule naturelle. Carson et al. (Clin Microbiol Rev, 2006) ont recensé et analysé l’ensemble des données disponibles dans une revue systématique qui reste la référence du domaine. Pour une vue d’ensemble des stratégies de prévention des infections par l’aromathérapie, consultez notre article : se protéger des infections avec les huiles essentielles.

Propriété Mécanisme clé Exemples d’agents concernés Niveau de preuve ℹ️
Antibactérienne Altération de la membrane bactérienne, inhibition de la respiration S. aureus SARM, E. coli, P. aeruginosa, H. pylori ⭐⭐⭐⭐
Antifongique Désorganisation membranaire fongique (ergostérol) Candida albicans (y compris résistant au fluconazole), dermatophytes ⭐⭐⭐⭐
Antivirale Inhibition de l’attachement viral à la cellule hôte HSV-1 (herpès labial), virus influenza ⭐⭐⭐
Immunostimulante Stimulation de l’activité bactéricide des leucocytes (monocytes, neutrophiles) Renforcement des défenses locales ⭐⭐⭐
Anti-inflammatoire Suppression des médiateurs pro-inflammatoires (TNF-α, IL-1β) par les monocytes activés ; augmentation des cytokines anti-inflammatoires Dermatoses inflammatoires, gingivite ⭐⭐⭐
Cicatrisante / Kératolytique légère Favorise la régénération épidermique en milieu aseptisé Plaies superficielles, furoncles ⭐⭐

Niveau de preuve : ℹ️ ⭐⭐⭐⭐⭐ Élevé · ⭐⭐⭐⭐ Solide · ⭐⭐⭐ Bonne · ⭐⭐ Modérée · ⭐ Controversé. Sources : Carson CF et al., Clin Microbiol Rev 2006 ; Hammer KA et al., J Appl Microbiol 1998.

👨‍⚕️ Conseil au comptoir

L’action synergique avec les antibiotiques est documentée (Dryden et al., J Hosp Infect, 2004) : le tea tree peut donc accompagner (jamais remplacer) une antibiothérapie prescrite, par exemple en soin local complémentaire sur une plaie à S. aureus. Rappeler systématiquement que cette synergie ne dispense pas de la consultation médicale si l’infection s’étend ou ne régresse pas en 48–72 h.

🔭 Perspective de recherche

Au-delà de son action antimicrobienne directe, le tea tree fait l’objet de travaux récents sur sa capacité à perturber le quorum sensing (le système de communication chimique par lequel les bactéries coordonnent la formation de biofilms) et à réduire les biofilms de S. aureus résistant à la méticilline (SARM). Une étude in vitro a montré que le terpinèn-4-ol inhibe jusqu’à 74 % la formation de biofilm de souches SARM sur verre, ainsi que des phénomènes de quorum sensing chez Pseudomonas aeruginosa (niveau de preuve : ⭐⭐, étude in vitro, PMC). Une revue actualisée de 2025, faisant suite à la référence de Carson et al. (2006), confirme cet axe de recherche sur les propriétés anti-biofilm du tea tree face aux bactéries antibiorésistantes (⭐⭐, revue narrative, Phytomedicine Plus 2025).

Ces résultats restent limités au laboratoire (in vitro) et ne permettent aucune conclusion clinique sur l’éradication d’un biofilm établi chez l’humain. Ils éclairent cependant un mécanisme d’action complémentaire à l’effet antibactérien direct déjà bien documenté, et pourraient à terme justifier l’étude du tea tree comme adjuvant dans des infections à biofilm difficiles à traiter — sans remettre en cause, à ce stade, les indications validées présentées dans cet article.

4. Indications et protocoles d’utilisation de l’huile essentielle arbre à thé

En bref : acné, herpès labial, furoncles, mycoses des pieds et pellicules sont les indications les mieux documentées, essentiellement par voie cutanée diluée.

4a. Voies d’administration

Le tea tree s’utilise principalement en voie cutanée et locale. La voie orale est techniquement possible chez l’adulte mais doit rester exceptionnelle, encadrée et ne jamais dépasser 9 gouttes/jour (à diluer dans du miel, jamais pures) ; elle est déconseillée en automédication sans conseil pharmaceutique préalable.

4b. Affections cutanées et muqueuses

Acné : Mettre 5 gouttes d’HE de Tea tree + 5 gouttes d’HE de Palmarosa dans 5 ml d’huile végétale de Noyau d’abricot. Une méta-analyse incluant un ECR versus peroxyde de benzoyle 5 % (Bassett et al., Med J Aust, 1990) montre une réduction significative des lésions acnéiques, avec une meilleure tolérance cutanée. Application ciblée 1 à 2 fois/jour sur les lésions, masque argileux hebdomadaire.

Bouton de fièvre (herpès labial HSV-1) : Appliquer 1 à 2 gouttes pures sur le bouton, 3 à 4 fois par jour, dès les premiers picotements. L’efficacité est liée à l’inhibition de l’adsorption virale documentée par Schnitzler et al. (Phytomedicine, 2001).

Furoncles : 1 goutte pure au coucher directement sur la lésion — uniquement en accompagnement du confort local sur un furoncle simple, jamais en substitut des soins d’hygiène et de l’antisepsie recommandés en première intention : voir l’article dédié au furoncle pour la conduite à tenir complète et les critères de consultation médicale. Ne pas exposer au soleil dans les 12 heures suivant l’application (risque de photosensibilisation).

Mycoses des pieds (pied d’athlète, onychomycose légère) : Appliquer pur 2 fois/jour sur plusieurs semaines. Buck et al. (J Fam Pract, 1994) ont comparé tea tree 100 % à la tolnaftate et au placebo dans un ECR : efficacité comparable à l’antifongique topique de référence sur les symptômes, avec résolution mycologique partielle.

Pellicules : 5 à 10 gouttes dans 100 ml de shampoing doux, masser, laisser 3 minutes, rincer abondamment. Selden et al. (J Am Acad Dermatol, 2002) ont montré une réduction de 41 % de la sévérité des pellicules versus placebo en 4 semaines.

Radiodermites (accompagnement de la radiothérapie) : Quelques gouttes dans de l’huile végétale de calendula ou dans un gel d’aloe vera, après chaque séance. Donnée de soutien issue de pratiques cliniques intégratives — parlez-en avec l’équipe oncologique avant tout usage.

4c. Diffusion et inhalation

Diffusion : 3 à 4 gouttes dans un diffuseur à froid (nébulisation ou ultrason), 20 minutes maximum par session. Assainit l’air ambiant en période épidémique (grippe, gastro) — voir notre dossier complet : se protéger des infections avec les huiles essentielles.

Inhalation humide (sinusite, rhinopharyngite) : 2 à 4 gouttes dans une cuillère à soupe de miel, dissoudre dans un bol d’eau très chaude (non bouillante). Inhalation yeux fermés obligatoirement — le tea tree est fortement irritant pour la conjonctive.

4d. Anti-poux : répulsif et shampoing traitant

Répulsif : Quelques gouttes sur la nuque tous les 2 jours en période de contamination scolaire. Données issues d’études observationnelles — efficacité répulsive probable mais niveau de preuve limité.

Shampoing traitant : 6 gouttes HE Tea tree + 6 gouttes HE Lavande officinale + 4 gouttes HE Lemongrass + 4 gouttes HE Géranium dans 100 ml de shampoing. Appliquer, laisser reposer 5 minutes, rincer, renouveler. Utiliser tous les 2 jours pendant 7 jours.

4e. Cystites (usage complémentaire par voie externe)

3 à 5 gouttes dans une cuillère à café d’huile végétale (amande douce, jojoba), en massage sur le bas-ventre et le bas du dos, 3 fois par jour pendant 7 à 10 jours. Voie externe uniquement dans ce contexte. Attention : la cystite bactérienne confirmée nécessite une antibiothérapie — le tea tree est ici un appoint antispasmodique et confort, pas un substitut.

⚠️ Cystite fébrile ou récidivante

En cas de fièvre, douleurs lombaires, ou cystite récidivante (plus de 3 épisodes/an), orienter impérativement vers le médecin. Le tea tree n’a pas d’efficacité démontrée sur les infections urinaires hautes (pyélonéphrite). Ne pas retarder l’antibiothérapie.

👨‍⚕️ Conseil au comptoir

Le tea tree en diffusion présente un intérêt réel en milieu hospitalier pour les surfaces résistantes au SARM — données issues des travaux de Dryden et al. (J Hosp Infect, 2004). Pour les particuliers, la diffusion reste un appoint hygiénique, non un traitement curatif des infections respiratoires.

5. Associations synergiques avec d’autres huiles essentielles

En bref : palmarosa, lavande, géranium ou ravintsara complètent utilement le spectre du tea tree selon l’indication visée.

Le tea tree s’inscrit naturellement dans des synergies aromatiques qui potentialisent son action ou en complètent le spectre. Voici les associations les mieux documentées par indication.

Indication HE synergiques recommandées Intérêt de l’association
Acné Palmarosa, Lavande officinale, Géranium, Camomille romaine Anti-infectieux + régulateur sébum + anti-inflammatoire
Herpès labial Niaouli, Ravintsara Synergie antivirale documentée
Cystite (voie externe) Sarriette des montagnes, Bois de rose, Palmarosa Large spectre antibactérien urinaire
Furoncles Girofle, Lavande officinale, Palmarosa, Ravintsara Anti-infectieux + cicatrisant
Mycoses des pieds Origan compact, Lemongrass Puissance antifongique renforcée
Pellicules Cèdre de l’Atlas Action séborégulatrice complémentaire
Piqûres d’insectes Lavande aspic, Eucalyptus citronné, Géranium rosat Anti-inflammatoire + répulsif
Poux Lavande vraie, Géranium rosat, Lemongrass Répulsif + pédiculicide synergique

👨‍⚕️ Conseil au comptoir

Attention à la Sarriette des montagnes et à l’Origan compact (phénols dermocaustiques) : elles ne s’utilisent qu’en dilution maximale de 2–3 % dans une huile végétale, jamais seules ou au contact des muqueuses. Ces synergies puissantes sont à réserver à l’adulte.

6. Précautions d’emploi et contre-indications de l’huile essentielle arbre à thé

En bref : contre-indiquée en grossesse et chez l’asthmatique, à diluer systématiquement, jamais sur les muqueuses ou dans le conduit auditif.

⚠️ Populations à risque — Ne pas utiliser sans avis médical

  • Femme enceinte ou allaitante : contre-indiquée par précaution — données de sécurité insuffisantes sur le foetus et le nourrisson allaité.
  • Nourrisson : usage possible et reconnu en cas d’érythème fessier, uniquement dilué à 1 % maximum dans une huile végétale — jamais pur, jamais en inhalation.
  • Asthmatiques : contre-indiquée en inhalation directe et en diffusion prolongée — risque de bronchospasme.
  • Personnes allergiques : test préalable sur pli du coude obligatoire (24 h d’observation).
  • Garçons prépubères : un usage prolongé et répété (application quotidienne pendant des semaines ou des mois) a été associé à des cas de gynécomastie prépubertaire dans une série de cas publiée par Henley et al. (N Engl J Med, 2007) — activité estrogénique et anti-androgénique du terpinèn-4-ol et du 1,8-cinéole suspectée. À déconseiller en application corporelle prolongée chez l’enfant pré-pubère.

Règles de sécurité générales

  • Photosensibilisation : ne pas appliquer sur la peau avant une exposition solaire (délai de 12 heures minimum).
  • Peau sensible : toujours diluer dans une huile végétale (1 à 5 % selon la zone). Ne jamais appliquer pur sur les muqueuses, le nez, les zones ano-génitales ou le conduit auditif.
  • Yeux : ne jamais appliquer au contact des yeux. En cas de projection accidentelle, rincer d’abord à l’huile végétale (dilue et absorbe les molécules hydrophobes), puis à l’eau, et consulter un ophtalmologiste.
  • Inhalation : yeux fermés obligatoirement. Durée limitée à 5–10 minutes.
  • Ingestion accidentelle : ne pas faire vomir (risque de brûlure oesophagienne au reflux). Avaler 3 à 4 cuillères à soupe d’huile végétale ou 2 à 4 gélules de charbon végétal activé et contacter le Centre Antipoison : 0 800 59 59 59 (numéro gratuit).
  • Conservation : flacon hermétiquement fermé, à l’abri de la lumière et de la chaleur, hors de portée des enfants. Durée de conservation après ouverture : 12 à 18 mois maximum.

🚫 Ne jamais faire

Ne jamais injecter une huile essentielle par voie intraveineuse, intramusculaire ou sous-cutanée. Ne jamais avaler une huile essentielle pure (risque de brûlures oropharyngées graves). Ne jamais appliquer d’huile essentielle dans le conduit auditif (risque de lésion tympanique).

🆚 Mythe ou réalité ?

❌ Ce qu’on entend souvent

« Le tea tree peut remplacer les antibiotiques contre le staphylocoque doré, y compris pour un furoncle. »

✅ Ce que montre la recherche

Faux (⭐⭐⭐, données in vitro et cliniques limitées). L’activité du tea tree contre S. aureus, y compris certaines souches résistantes, est réelle en laboratoire, et une synergie avec les antibiotiques a été documentée. Mais aucune étude clinique ne permet de le substituer à une antibiothérapie ou à des soins locaux validés lorsqu’ils sont indiqués — il s’agit d’un accompagnement du confort, jamais d’un traitement de première ligne pour une infection bactérienne confirmée.

7. Tableau récapitulatif — Huile essentielle arbre à thé

En bref : les indications cutanées et capillaires (acné, mycoses, pellicules) disposent du niveau de preuve le plus solide ; la diffusion et l’usage anti-poux restent des appoints.

Indication Mode d’emploi Durée Niveau de preuve ℹ️ Vigilance
Acné Dilué 5 % dans HV, application locale 4–8 semaines ⭐⭐⭐⭐ Test allergie préalable
Herpès labial 1–2 gouttes pures, 3–4 x/j Jusqu’à guérison ⭐⭐⭐ Éviter contact oculaire
Mycoses des pieds Pur ou dilué 50 %, 2 x/j 4–12 semaines ⭐⭐⭐⭐ Surveillance tolérance
Pellicules 5 % dans shampoing, 3 min 4 semaines minimum ⭐⭐⭐⭐ Rinçage abondant
Poux (répulsif) Quelques gouttes nuque / shampoing 7–10 jours ⭐⭐ Contrôle mécanique (peigne)
Cystite (appoint externe) Dilué 3 % HV, massage bas-ventre 7–10 jours ⭐⭐ Jamais substitut à ATB si besoin
Diffusion / ambiance 3–4 gouttes diffuseur froid, 20 min Ponctuel ⭐⭐ CI chez asthmatiques

À favoriser / à limiter

✅ À favoriser
Huile conforme à la norme ISO 4730 (terpinèn-4-ol ≥ 30 %, cinéole ≤ 15 %)
Test de tolérance au pli du coude avant toute première utilisation
Dilution systématique dans une huile végétale pour les usages répétés
Flacon récent, bien refermé, conservé à l’abri de la lumière et de la chaleur
🚫 À limiter
Application pure et prolongée chez le garçon prépubère
Usage chez la femme enceinte, allaitante ou l’asthmatique sans avis médical
Application avant exposition solaire (moins de 12h)
Utilisation d’un flacon oxydé ou ouvert depuis plus de 18 mois

🔑 En résumé — Huile essentielle arbre à thé

L’huile essentielle d’arbre à thé (tea tree) est l’une des rares huiles essentielles disposant d’un dossier scientifique solide. Son efficacité sur l’acné, les mycoses et les pellicules est soutenue par des ECR. Son action antibactérienne — y compris sur le SARM — en fait un allié précieux en complément d’une antibiothérapie.

Trois impératifs pratiques : choisir une huile conforme ISO 4730 (terpinèn-4-ol ≥ 30 %, cinéole ≤ 15 %), toujours tester avant la première utilisation, et ne jamais la substituer à un traitement médical en cas d’infection bactérienne confirmée. Contre-indiquée chez la femme enceinte, les asthmatiques et en application prolongée chez le garçon prépubère.

📚 Sources de cet article

  • Carson CF, Hammer KA, Riley TV, Clin Microbiol Rev, 2006 — Melaleuca alternifolia (Tea Tree) Oil : revue des propriétés antimicrobiennes et médicinales
  • Bassett IB et al., Med J Aust, 1990 — comparaison tea tree versus peroxyde de benzoyle dans l’acné
  • Buck DS et al., J Fam Pract, 1994 — comparaison de deux traitements topiques de l’onychomycose
  • Henley DV et al., N Engl J Med, 2007 — gynécomastie prépubertaire associée aux huiles de lavande et de tea tree
  • Étude in vitro, PMC — activité anti-quorum sensing et anti-biofilm du tea tree et du terpinèn-4-ol sur SARM
  • Bugarcic A et al., Phytomedicine Plus, 2025 — revue actualisée des propriétés antimicrobiennes du tea tree
  • Norme ISO 4730:2017 — Huile essentielle de Melaleuca alternifolia
  • ANSMHAS

Les informations contenues dans cet article sont destinées à l’information générale et ne remplacent pas l’avis d’un professionnel de santé. En cas de doute, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien. Centre Antipoison : 0 800 59 59 59 (gratuit).

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