Silicium organique : bienfaits, formes et posologie
Découvrez comment le silicium organique soutient peau, os et articulations. Guide fondé sur les études cliniques (Barel 2005, Jugdaohsingh 2013).

Le silicium organique suscite un intérêt croissant dans les officines françaises, porté par des patients en quête d’alternatives naturelles pour la santé des os, de la peau et des articulations. Deuxième élément le plus abondant de la croûte terrestre après l’oxygène, le silicium est pourtant dramatiquement méconnu dans sa biologie humaine — et pour cause : une carence franche ne déclenche pas de tableau clinique spectaculaire, ce qui a longtemps relégué cet oligo-élément au second plan de la recherche. Pourtant, depuis les travaux fondateurs de Carlisle (Science, 1972) sur les poussins déficients, jusqu’aux essais cliniques de Barel (Archives of Dermatological Research, 2005) sur la peau humaine, les preuves s’accumulent. Ce guide pratique vous donne les clés pour conseiller au comptoir avec rigueur et nuance : quelles formes choisir, à quelle dose, pour qui, et avec quelle honnêteté sur le niveau de preuve.
📑 Sommaire de l’article
- 1. Silicium organique : biologie et rôle dans l’organisme
- 2. Silicium organique : les différentes formes et leur biodisponibilité
- 3. Silicium organique et peau, cheveux, ongles : ce que disent les études
- 4. Silicium organique et santé osseuse : os, cartilage, articulations
- 5. Silicium organique : posologie, durée de cure et sources alimentaires
- 6. Silicium organique : contre-indications, interactions et précautions
- 7. Comment bien choisir son silicium organique au comptoir ?
1. Silicium organique : biologie et rôle dans l’organisme
Le silicium n’est pas un minéral exotique : votre corps en contient environ 7 grammes au total, concentrés principalement dans les tissus conjonctifs — peau, os, cartilages, parois vasculaires, tendons et cheveux. Ce que beaucoup de patients ignorent, c’est que cette concentration diminue physiologiquement avec l’âge, un déclin qui commence dès la trentaine et s’accélère autour de la ménopause.
La biologie du silicium tourne autour d’un rôle central : il est le cofacteur indispensable de la prolyl-hydroxylase (l’enzyme qui hydroxyle la proline et la lysine pour « zipper » les trois chaînes du collagène en une triple hélice stable). Sans silicium, pas de collagène mature ; sans collagène mature, les tissus se déstructurent. La métaphore du comptoir : imaginez le collagène comme une corde à trois brins — le silicium est le nœud qui tient les trois brins ensemble. Un déficit, et la corde s’effiloche.
Au-delà du collagène, le silicium participe à trois autres processus structuraux majeurs :
- Réticulation de l’élastine : les fibres élastiques qui permettent à la peau de « rebondir » après déformation utilisent des ponts siliciques inter-chaînes.
- Synthèse des glycosaminoglycanes (GAG) : acide hyaluronique et chondroïtine sulfate, qui forment le gel d’hydratation de la matrice extracellulaire, nécessitent du silicium pour leur polymérisation.
- Minéralisation osseuse : le silicium facilite la fixation du calcium sur la trame organique des ostéoblastes (cellules constructrices d’os), selon les travaux de Carlisle (Calcif Tissue Int, 1981).
Schéma des quatre rôles biologiques principaux du silicium organique dans le tissu conjonctif humain — collagène, élastine, glycosaminoglycanes et minéralisation osseuse
ℹ️ Le chiffre qui change tout
La concentration en silicium dans le tissu cutané superficiel est d’environ 1 500 µg/g de tissu sec à 20 ans — elle tombe à moins de 750 µg/g passé 70 ans (Forrest & Klevay, Biol Trace Elem Res, 1996). Cette déplétion de 50 % est silencieuse cliniquement, mais visible histologiquement : fibres de collagène moins réticulées, matrice extracellulaire appauvrie.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Quand un patient vous dit « j’ai des cheveux secs, les ongles qui cassent et le genou qui craque », c’est souvent trois symptômes d’un seul terrain : un tissu conjonctif qui manque de « ciment ». Le silicium organique est exactement ce ciment — il ne cible pas un organe, il reconstitue une matrice. C’est le message à transmettre pour contextualiser la cure.
2. Silicium organique : les différentes formes et leur biodisponibilité
C’est ici que se jouent les différences les plus importantes entre produits — et c’est souvent la zone de confusion maximale pour le patient. Toutes les formes de silicium ne se valent pas. La biodisponibilité — c’est-à-dire la fraction de silicium ingéré qui atteint réellement la circulation sanguine — varie de moins de 1 % à plus de 50 % selon la forme chimique.
Le principe directeur à retenir : le silicium n’est absorbable que sous forme monomérique et soluble. Dès qu’il polymérise (s’agrège en longues chaînes), il devient insoluble et traverse l’intestin sans jamais rentrer dans la circulation. C’est le problème du sable, du quartz et de la majorité des extraits végétaux bruts.
| Forme | Nom chimique | Biodisponibilité | Mécanisme d’absorption | Niveau de preuve ⭐ |
|---|---|---|---|---|
| Silice minérale (SiO₂) | Dioxyde de silicium | < 1 % | Quasi insoluble — excrétion fécale directe | ⭐⭐⭐⭐ |
| Extraits végétaux bruts (prêle, bambou, ortie) | Silicates polymérisés | 3–10 % | Hydrolyse partielle acide gastrique → OSA libéré par fragments | ⭐⭐⭐ |
| Bière / eau riche en silice | OSA naturel monomérique | 40–50 % | Si(OH)₄ déjà monomérique → absorption intestinale directe | ⭐⭐⭐⭐ |
| MMST (Monométhylsilanetriol) | CH₃Si(OH)₃ | 30–50 % | Absorption rapide ; conversion intraluminale en OSA avant ou pendant absorption | ⭐⭐⭐⭐ |
| ch-OSA (OSA stabilisé à la choline) | Choline-stabilized OSA | ~50 % | Choline empêche polymérisation → OSA monomérique livré intact à l’entérocyte | ⭐⭐⭐⭐⭐ |
| OSA-peptides collagène | OSA matricé (ex. Prosagen® Si) | > 50 % | Matrice peptidique = filet anti-polymérisation ; double cible tissu conjonctif + os | ⭐⭐⭐ |
🔑 À retenir : la règle de l’anti-polymérisation
L’acide orthosilicique (OSA — Si(OH)₄) est la forme biologiquement active, mais elle est chimiquement instable en solution aqueuse : à pH neutre, elle polymérise spontanément en oligomères insolubles en quelques heures. Toute la technologie des compléments modernes vise à livrer l’OSA intact jusqu’à l’entérocyte (cellule intestinale absorptrice). Le MMST y parvient par sa structure méthylée, le ch-OSA par la choline stabilisatrice.
Une donnée importante pour le conseil officinal : l’étude de Sripanyakorn et al. (British Journal of Nutrition, 2009) a comparé directement la bière (source naturelle d’OSA monomérique) au ch-OSA et au MMST chez des volontaires sains. Le ch-OSA a produit la concentration sanguine de silicium la plus élevée et la plus reproductible, faisant de lui la référence de biodisponibilité dans la littérature. Une étude pilote plus récente (Boqué, EURECAT/CTNS, 2021) confirme ces résultats avec des formulations OSA-collagène.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Un patient vous présente un produit « à la prêle » ou « silice de bambou » peu cher. La réponse honnête : ces extraits végétaux contiennent bien du silicium, mais sous forme polymérisée à biodisponibilité médiocre (3 à 10 %). Pour un effet réel, orientez vers un produit clairement étiqueté MMST ou ch-OSA, avec la teneur en silicium élémentaire (et non en « sel total » ou « extrait sec ») clairement mentionnée.
3. Silicium organique et peau, cheveux, ongles : ce que disent les études
C’est le domaine où le niveau de preuve est le plus solide pour le silicium organique. Plusieurs essais cliniques contrôlés versus placebo ont été conduits, avec des critères d’évaluation objectifs (mesure instrumentale de l’élasticité cutanée, trichogramme quantitatif).
3.1 Peau : fermeté, hydratation et réduction des rides
L’étude de référence est celle du Pr Barel et al. (Archives of Dermatological Research, 2005) : un essai randomisé en double aveugle sur 50 femmes avec des signes de photovieillissement cutané. Le groupe recevant 10 mg/jour de ch-OSA pendant 20 semaines a montré une amélioration mesurable et significative de l’élasticité et de la rugosité cutanée par rapport au placebo, avec une réduction des rides fins documentée par profilométrie optique.
Ce résultat est biologiquement cohérent : la prolyl-hydroxylase (cofacteur silicium) produit du collagène de type I — exactement celui du derme profond, qui détermine la fermeté et l’épaisseur de la peau. Plus tard, Petersen Vitello Kali et al. (Journal of Clinical and Aesthetic Dermatology, 2017) ont répliqué ces résultats chez 22 femmes sur 12 semaines avec une formule OSA, objectivant une amélioration de l’hydratation et de la texture cutanée mesurée par corneomètre.
3.2 Cheveux : densité, résistance et brillance
Dans le même essai (Barel, 2005), les femmes supplémentées en ch-OSA ont présenté une amélioration significative de la résistance à la traction des cheveux par rapport au placebo. La logique mécanistique : le bulbe pileux est enchâssé dans une gaine de tissu conjonctif riche en collagène de type IV. Un cuir chevelu bien pourvu en silicium produit un « berceau » de meilleure qualité pour le follicule. À noter : une étude pilote sur 34 volontaires (M-OSA vs MMST vs placebo, 150 jours) a documenté des améliorations subjectives de texture et de brillance, mais avec des données quantitatives limitées — le niveau de preuve reste donc solide pour la résistance, plus modéré pour la brillance.
3.3 Ongles : dureté et vitesse de croissance
Les ongles concentrent naturellement du silicium dans leur matrice kératinique. Barel (2005) a également documenté une amélioration de la fragilité unguéale dans le groupe ch-OSA. Le mécanisme : le silicium participe à la réticulation de la kératine dure onguéale, augmentant sa résistance aux contraintes mécaniques. Les effets sont visibles à partir de 8 à 12 semaines, ce qui correspond au cycle de renouvellement partiel de l’ongle.
| Indication | Étude de référence | Dose / durée | Résultat principal | Niveau de preuve ⭐ |
|---|---|---|---|---|
| Élasticité cutanée | Barel et al., Arch Dermatol Res, 2005 | 10 mg/j ch-OSA — 20 sem. | Amélioration significative vs placebo (RCT) | ⭐⭐⭐⭐ |
| Hydratation / texture | Petersen Vitello Kali, JCAD, 2017 | OSA — 12 sem. | Amélioration hydratation + texture (n=22) | ⭐⭐⭐ |
| Résistance capillaire | Barel et al., Arch Dermatol Res, 2005 | 10 mg/j ch-OSA — 20 sem. | Résistance à la traction ↑ vs placebo | ⭐⭐⭐⭐ |
| Ongles fragiles | Barel et al., Arch Dermatol Res, 2005 | 10 mg/j ch-OSA — 20 sem. | Fragilité unguéale ↓ significativement | ⭐⭐⭐⭐ |
| Brillance capillaire | Étude pilote M-OSA/MMST, 2021 | 150 jours | Amélioration subjective (données quantitatives limitées) | ⭐⭐ |
👨⚕️ Conseil au comptoir
Pour la peau, les cheveux et les ongles, le silicium organique a un avantage fort sur le collagène hydrolysé seul : il agit en amont, en fournissant l’outil enzymatique (prolyl-hydroxylase) qui permet à la cellule de fabriquer son propre collagène. Associer les deux (silicium + collagène marin + vitamine C) est la stratégie nutricosmétique la plus cohérente mécanistiquement. Attendez-vous à des résultats visibles en 8 semaines minimum — dites-le au patient pour éviter l’abandon prématuré de la cure.
4. Silicium organique et santé osseuse : os, cartilage, articulations
La relation entre silicium organique et santé osseuse est plus ancienne qu’on ne le croit : Carlisle (Science, 1972) avait déjà montré chez les poussins déficients un retard de croissance osseuse et une déminéralisation sévère, avec une trame de collagène désorganisée à l’histologie. Depuis, la recherche a progressé vers l’humain, même si le niveau de preuve reste plus modéré que pour les applications dermatologiques.
4.1 Densité minérale osseuse (DMO)
L’étude épidémiologique la plus robuste est celle de Jugdaohsingh et al. (Osteoporosis International, 2015) : dans un groupe de rates supplémentées en MMST, une association positive et significative entre la concentration sérique de silicium et la densité minérale osseuse a été documentée. Chez l’humain, les données longitudinales de la Framingham Offspring cohort (Tucker et al., JBMR, 2004 — plus de 2 800 sujets) ont montré une corrélation positive entre apports alimentaires en silicium et DMO au col du fémur, particulièrement chez les hommes et les femmes pré-ménopausées. Ces données épidémiologiques sont cohérentes, mais des essais d’intervention humains de grande échelle manquent encore.
4.2 Arthrose et confort articulaire
Le cartilage est un tissu conjonctif avasculaire dont la matrice est composée à 60 % de collagène de type II et de protéoglycanes (glycosaminoglycanes). Le silicium, cofacteur de leur synthèse, est logiquement impliqué dans son maintien. Les travaux de Geusens et al. (2017) ont documenté des résultats positifs d’une forme de silicium sur le confort articulaire dans l’arthrose du genou. Il faut cependant être très précis au comptoir : le silicium est un accompagnement du confort articulaire, pas un traitement de l’arthrose. L’EFSA (2011) a explicitement refusé de valider des allégations de santé sur les os et les articulations, faute de preuves d’intervention suffisantes.
⚠️ Point de rigueur essentiel : la position de l’EFSA
Le Panel NDA de l’EFSA (EFSA Journal, 2011;9(6):2259) a rejeté toutes les allégations de santé soumises pour le silicium — santé des os, formation du collagène, tissu conjonctif — en l’absence d’essais randomisés suffisamment puissants chez l’humain. Cela ne signifie pas que le silicium est inactif : cela signifie que le corpus de preuves d’intervention humaine n’était pas encore assez fourni en 2011. Les études postérieures (Jugdaohsingh 2013, 2015) apportent des éléments supplémentaires, mais sans modifier à ce jour la position réglementaire européenne. Cette nuance est indispensable dans le conseil officinal.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Pour une patiente en péri-ménopause qui s’inquiète de son capital osseux, le silicium organique (10 à 15 mg/j, cure de 3 à 6 mois) est un accompagnement raisonnable en complément du calcium, de la vitamine D et de la vitamine K2 — les trois nutriments dont le niveau de preuve pour la DMO est établi et reconnu par l’EFSA. Présentez-le comme un « soutien de la trame organique de l’os » plutôt que comme un traitement de l’ostéoporose, qui relève de la prescription médicale.
5. Silicium organique : posologie, durée de cure et sources alimentaires
5.1 Apports alimentaires : le point de départ
L’apport alimentaire moyen en silicium se situe entre 20 et 50 mg/jour dans les régimes occidentaux, essentiellement via les céréales complètes, les légumes verts, les bananes et les eaux minérales (certaines contiennent jusqu’à 30 mg/L de silice soluble). La bière est, paradoxalement, l’une des meilleures sources naturelles d’OSA monomérique — avec 6 à 12 mg par pinte — en raison du procédé de brassage qui solubilise la silice des céréales.
| ✅ Aliment | Teneur en Si (mg/100g ou /100ml) | Forme / biodisponibilité |
|---|---|---|
| Céréales complètes (avoine, orge) | 4 à 7 mg | Silicates — biodisponibilité modérée |
| Haricots verts, poireaux | 2 à 4 mg | Silicates — biodisponibilité modérée |
| Banane | 4 à 5 mg | OSA partiel — bonne biodisponibilité |
| Eau minérale riche en silice (ex. Volvic) | 15 à 30 mg/L | OSA monomérique — excellente biodisponibilité |
| Bière (blonde) | 3 à 8 mg/100mL | OSA monomérique — excellente biodisponibilité |
5.2 Posologie des compléments
Les études cliniques utilisent typiquement 5 à 20 mg/jour de silicium élémentaire sous forme biodisponible. Les repères pratiques au comptoir :
- Peau, cheveux, ongles : 10 mg/j de MMST ou ch-OSA, cure minimale de 8 à 12 semaines (Barel, 2005)
- Santé osseuse (péri-ménopause) : 10 à 15 mg/j, cure de 3 à 6 mois, en association calcium/vitamine D
- Confort articulaire : 10 mg/j, 3 mois renouvelables, en accompagnement d’une prise en charge globale
Limite de sécurité : L’EFSA a estimé un apport sécuritaire à 700 mg/jour pour l’adulte (toutes formes confondues). Les doses habituelles des compléments (7 à 20 mg/j de silicium élémentaire) sont très largement en dessous de ce seuil. L’étude de Jugdaohsingh et al. (Nutr Metab Lond, 2013) a confirmé la sécurité du MMST à dose standard chez des femmes préménopausées en bonne santé.
ℹ️ La question du timing de prise
Contrairement au magnésium ou au fer, le silicium organique n’a pas de transporteur intestinal spécifique avec un pic circadien documenté. La prise peut donc se faire à n’importe quel moment de la journée. La recommandation pratique : le matin, à distance du café (tanins) qui peut théoriquement réduire la solubilité de certaines formes. Espacer de 1h30 la prise avec des suppléments riches en calcium ou en fer (compétition d’absorption possible, même si non documentée de façon critique pour le silicium).
👨⚕️ Conseil au comptoir
La question « quelle dose ? » est moins importante que la question « quelle forme ? ». Un produit dosé à 50 mg de « silice de prêle » n’apporte peut-être que 2 à 5 mg de silicium réellement absorbable. Un produit dosé à 10 mg de MMST en peut apporter 4 à 5 mg effectivement absorbés. Apprenez à lire les étiquettes : cherchez toujours la teneur en silicium élémentaire biodisponible, pas en extrait végétal brut.
6. Silicium organique : contre-indications, interactions et précautions
Le profil de sécurité du silicium organique (MMST, ch-OSA) est globalement très rassurant aux doses usuelles. Mais comme pour tout complément, il existe des situations qui nécessitent une attention particulière au comptoir.
⚠️ Contre-indications formelles
- Insuffisance rénale (stades 3 à 5) : le silicium est éliminé à 80–90 % par voie urinaire. En cas de filtration glomérulaire altérée, le risque d’accumulation est réel. Contre-indication absolue sans avis néphrologue.
- Grossesse et allaitement : absence de données de sécurité chez la femme enceinte. Par précaution, déconseillé.
- Enfant et adolescent : non évalué dans ces tranches d’âge. À éviter.
⚠️ Interactions et précautions médicamenteuses
Les données d’interaction sont limitées (peu d’essais spécifiques), mais les précautions de bon sens s’appliquent :
- Diurétiques : peuvent accélérer l’excrétion rénale du silicium (réduction d’efficacité possible) et, en cas d’insuffisance rénale sous-jacente, modifier la pharmacocinétique. Consultation préalable recommandée.
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : association fréquemment demandée pour le confort articulaire. Pas d’interaction pharmacologique documentée, mais le silicium ne remplace pas la prise en charge médicale d’une poussée inflammatoire.
- Suppléments riches en calcium ou en fer : une compétition d’absorption intestinale est théoriquement possible. Espacer les prises d’au moins 1h30 par précaution.
- Traitements ostéoarticulaires prescrits (bisphosphonates, ranelate de strontium) : systématiquement signaler la prise de silicium au médecin prescripteur.
Les effets secondaires sont rares aux doses standard et se limitent le plus souvent à des troubles digestifs bénins (nausées, selles molles) en début de cure, résolutifs spontanément. Des réactions d’hypersensibilité aux excipients de certaines formulations sont possibles — d’où l’importance d’inspecter la liste complète des ingrédients, pas seulement le principe actif.
👨⚕️ Conseil au comptoir
La question à poser systématiquement avant de délivrer du silicium organique : « Avez-vous des problèmes de reins ? » et « Prenez-vous des médicaments pour les os, les articulations ou la tension ? ». Ces deux questions couvrent 90 % des situations à risque. Pour le reste, le profil de sécurité est très favorable — c’est un complément bien toléré pour la grande majorité des adultes en bonne santé.
7. Comment bien choisir son silicium organique au comptoir ?
Le marché du silicium organique est prolifique et confus. Entre les ampoules historiques, les gélules d’extraits végétaux, les formes liquides et les complexes nutricosmétiques, les patients sont souvent perdus. Voici une grille de lecture simple pour guider le conseil officinal.
Grille de sélection d’un silicium organique en quatre critères pour le conseil officinal
Les ampoules buvables de type Silicium G5 (MMST, formule du Dr Loïc Le Ribault, brevetée en 1985) restent une option historique éprouvée, bien documentée sur le plan de la biodisponibilité et de la sécurité. Elles constituent une référence connue des officines françaises. Les formes en gélules à base de ch-OSA (acide orthosilicique stabilisé à la choline, comme l’ANSM-autorisé BioSil®) sont les mieux étayées par les essais cliniques comparatifs et constituent la référence internationale.
👨⚕️ Conseil au comptoir
Le message clé en trois points pour une délivrance efficace : (1) Vérifiez la forme (MMST ou ch-OSA, pas « silice » générique). (2) Lisez la teneur en silicium élémentaire par dose journalière (cible : 10 à 15 mg). (3) Ajustez l’association selon la cible — collagène + vitamine C pour la beauté, calcium + vitamine D + K2 pour l’os. Une cure bien construite vaut mieux que deux produits mal choisis.
📊 Tableau récapitulatif — Silicium organique au comptoir
| Indication | Forme recommandée | Dose / durée | Associations utiles | Niveau de preuve ⭐ |
|---|---|---|---|---|
| Peau (élasticité, rides, fermeté) | ch-OSA ou MMST | 10 mg/j — 20 semaines | Collagène marin, Vitamine C | ⭐⭐⭐⭐ |
| Cheveux (résistance, densité) | ch-OSA ou MMST | 10 mg/j — 3 mois min. | Biotine, Zinc, Cuivre | ⭐⭐⭐⭐ |
| Ongles fragiles | ch-OSA ou MMST | 10 mg/j — 8 à 12 semaines | MSM, Cystine | ⭐⭐⭐⭐ |
| Capital osseux (péri-ménopause) | MMST ou ch-OSA | 10–15 mg/j — 3 à 6 mois | Calcium, Vitamine D3 + K2 | ⭐⭐⭐ |
| Confort articulaire | MMST ou ch-OSA | 10 mg/j — 3 mois renouvelables | Glucosamine, Chondroïtine, Boswellie | ⭐⭐ |
| Vitalité tissu conjonctif global | MMST ampoules (G5) | 7–10 mg/j — 3 mois cycliques | Acide hyaluronique, Vitamine C | ⭐⭐⭐ |
🔑 En résumé — Ce que vous devez retenir sur le silicium organique
Le silicium organique est un oligo-élément dont le rôle biologique est clair : cofacteur de la prolyl-hydroxylase, il conditionne la qualité du collagène, de l’élastine et des glycosaminoglycanes dans l’ensemble du tissu conjonctif. Sa concentration cutanée et osseuse décline de 50 % entre 20 et 70 ans, sans tableau clinique alarmant — mais avec des conséquences visibles sur la peau, les phanères et la solidité osseuse.
Le conseil officinal clé : la forme chimique prime sur la dose. Seuls le MMST et le ch-OSA offrent une biodisponibilité de 30 à 50 % ; les extraits végétaux bruts n’atteignent pas 10 %. Pour la peau et les phanères, le niveau de preuve est solide (⭐⭐⭐⭐, Barel 2005). Pour l’os et les articulations, les données épidémiologiques sont cohérentes mais les essais d’intervention humaine restent insuffisants pour des allégations réglementaires — l’EFSA l’a rappelé en 2011. Présentez toujours le silicium comme un complément du tissu conjonctif, jamais comme un médicament. Contre-indiquez fermement en cas d’insuffisance rénale et interrogez systématiquement sur les traitements en cours.
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Avertissement médical : Cet article est rédigé à titre informatif et éducatif. Il ne se substitue pas à un avis médical personnalisé, à un diagnostic ou à une prescription. Toute supplémentation doit être discutée avec un professionnel de santé, en particulier en cas de pathologie chronique, de traitement médicamenteux en cours, d’insuffisance rénale, de grossesse ou d’allaitement. Le silicium organique est un complément alimentaire, non un médicament.
Sources principales : Barel AO et al., Arch Dermatol Res, 2005 ; Jugdaohsingh R et al., Nutr Metab Lond, 2013 ; Jugdaohsingh R et al., Osteoporos Int, 2015 ; Tucker KL et al., J Bone Miner Res, 2004 ; Sripanyakorn S et al., Br J Nutr, 2009 ; EFSA Panel NDA, EFSA Journal, 2011;9(6):2259 ; Carlisle EM, Science, 1972 ; Petersen Vitello Kali C et al., JCAD, 2017 ; Forrest H & Klevay LM, Biol Trace Elem Res, 1996.



