Constipation après 65 ans : pourquoi, que faire ?

Un transit plus lent après 65 ans, c'est fréquent. Comprendre pourquoi et les gestes simples qui aident, en toute sécurité.

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Mis à jour le 7 octobre 2026

Vous avez remarqué que votre transit est moins régulier qu’avant. Ou c’est votre parent qui vous en a parlé, un peu gêné d’aborder le sujet. Dans les deux cas, sachez une chose : c’est fréquent, et il existe des solutions simples.

Après 65 ans, plusieurs petits changements du quotidien peuvent ralentir le transit intestinal en même temps. Rien d’alarmant dans la grande majorité des cas. Ce guide vous explique pourquoi, et ce que vous pouvez faire concrètement.

Sommaire

Pourquoi le transit ralentit après 65 ans

Votre intestin fonctionne grâce à des contractions musculaires régulières. Ces contractions peuvent devenir un peu moins efficaces avec le temps.

Plusieurs facteurs du quotidien s’additionnent souvent : on bouge parfois un peu moins, on ressent moins la soif, l’alimentation change légèrement. Chacun de ces facteurs pris seul est rarement un problème. Ensemble, ils peuvent ralentir le transit.

La bonne nouvelle : la plupart de ces facteurs se corrigent facilement, sans médicament, une fois qu’on les a identifiés.

Les causes les plus fréquentes

Voici les raisons les plus courantes d’un transit qui se dérègle à cette période de la vie, et un geste simple pour chacune.

Cause fréquente Pourquoi cela ralentit le transit Un geste simple à essayer
Boire moins qu’avant La sensation de soif diminue naturellement avec le temps Boire à heures fixes, même sans avoir soif
Moins de mouvement dans la journée La marche stimule naturellement l’intestin Une courte marche après les repas
Moins de fibres dans l’assiette Certains aliments riches en fibres sont plus difficiles à mâcher ou à préparer Fruits cuits, légumineuses bien cuites, pruneaux réhydratés, en augmentant doucement et avec un verre d’eau en plus
Certains médicaments Le fer, certains antidouleurs, certains traitements pour la tension ou la vessie peuvent ralentir le transit En parler à votre médecin ou pharmacien, sans jamais arrêter seul un traitement

Si vous accompagnez un parent, ce tableau est aussi un bon point de départ pour une conversation simple : « Est-ce que tu bois assez ? Est-ce que ça a changé depuis ton dernier traitement ? »

Deux idées reçues à corriger

💭 Une idée reçue fréquente

« Si je ne vais pas à la selle tous les jours, c’est que quelque chose ne va pas. »

✅ Ce que l’on sait

Le rythme normal varie beaucoup d’une personne à l’autre. Entre trois selles par semaine et trois par jour, c’est considéré comme normal. Ce qui compte, c’est votre confort habituel, pas un chiffre fixe.

💭 Une idée reçue fréquente

« Un laxatif ou un complément, ce n’est que des vitamines, il n’y a pas de risque avec mes médicaments. »

✅ Ce que l’on sait

Certains laxatifs et compléments peuvent interagir avec des traitements courants, en particulier les anticoagulants. Un avis du pharmacien avant toute prise reste toujours utile, même pour un produit vendu sans ordonnance.

Le bon réflexe au quotidien

💡 Le bon réflexe : Un grand verre d’eau dès le lever peut stimuler naturellement le transit. Si vous envisagez un complément à base de fibres ou de magnésium, demandez d’abord à votre pharmacien s’il est compatible avec vos traitements en cours.

Ce que j’ai vu en pharmacie

📋 Ce que j’ai vu en pharmacie

Monique, dans la tranche 70-75 ans, est venue me voir en entretien de micronutrition pour une constipation apparue quelques semaines après le début d’une supplémentation en fer, prescrite pour une anémie légère. Elle prenait aussi un anticoagulant pour le cœur. Son bilan montrait une hydratation insuffisante et un apport en fibres très réduit.

En lien avec son médecin traitant, nous avons vérifié que le fer restait nécessaire, espacé sa prise des autres médicaments, et ajouté des fibres solubles à distance de l’anticoagulant, en plus d’une hydratation mieux répartie dans la journée.

3 mois plus tard : un transit redevenu régulier, moins d’efforts, et la poursuite du fer sans inconfort.

Chaque situation est différente, en particulier avec un traitement en cours : ce résultat ne préjuge pas de ce que donnerait le même protocole pour une autre personne.

Que faire concrètement

  1. Boire régulièrement, à heures fixes plutôt qu’en attendant la soif — un verre au réveil, un à chaque repas.
  2. Bouger un peu chaque jour, même une courte marche de dix minutes après un repas.
  3. Faire le point avec votre médecin ou votre pharmacien sur les médicaments pris actuellement, sans jamais interrompre un traitement de votre propre initiative.
  4. Ajouter des fibres petit à petit : un peu plus chaque semaine, pas tout d’un coup, sinon le ventre gonfle. Si avaler est parfois difficile, évitez les fibres en poudre (type psyllium) sans avis de votre pharmacien : elles gonflent très vite.

Avant toute nouvelle supplémentation, même en vente libre, demandez toujours l’avis de votre médecin ou de votre pharmacien. C’est particulièrement important si vous prenez déjà un ou plusieurs médicaments au quotidien.

Quand consulter

Ces signes ne veulent pas forcément dire quelque chose de grave, mais ils méritent un avis médical :

  • Une constipation apparue brutalement, sans raison évidente
  • Du sang dans les selles
  • Une perte de poids inexpliquée
  • Des douleurs abdominales importantes
  • Une alternance entre constipation et diarrhée

Dans ces cas, un rendez-vous avec votre médecin traitant permet d’y voir clair rapidement. Si vous accompagnez un proche, vous pouvez tout à fait prendre l’initiative de ce rendez-vous à sa place.

Pour aller plus loin

Boire suffisamment est l’un des leviers les plus simples pour améliorer le transit. Si ce sujet vous intéresse, mon article sur la déshydratation après 65 ans détaille les signes à repérer et les bons réflexes.

Pour aller plus loin sur ce sujet, l’ article plus détaillé destiné aux professionnels de santé peut aussi vous intéresser : Constipation : causes, traitements et conseils au comptoir.

Et si vous voulez savoir quelles fibres choisir, et combien en manger : le guide complet des fibres alimentaires.

En résumé

Un transit qui ralentit après 65 ans est fréquent, et dans la grande majorité des cas, il se corrige avec des gestes simples : boire régulièrement, bouger un peu, et faire le point sur ses médicaments avec son médecin ou son pharmacien. Rien qui remette en cause votre autonomie au quotidien.

Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé, un entretien de micronutrition à distance permet de faire le point sur votre alimentation et vos habitudes, en tenant compte de vos traitements en cours. Vos proches aidants peuvent tout à fait prendre l’initiative de cette démarche à votre place, si vous préférez.

Source : Haute Autorité de Santé.

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