Maltodextrine : ultra-transformée mais conseillée ?

Classée ultra-transformée, la maltodextrine est pourtant conseillée contre la dénutrition. Pour qui, comment l'utiliser, quand l'éviter : avis de pharmacienne.

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« J’ai lu que la maltodextrine est un ingrédient ultra-transformé. Alors pourquoi la pharmacie me conseille-t-elle d’en ajouter dans les repas de ma mère ? »

Au comptoir, la question revient souvent, parfois l’appli de scan alimentaire encore ouverte sur le téléphone. Le paradoxe semble total. Pourtant, il s’explique très simplement : tout dépend de qui la consomme, et pourquoi.

Les deux affirmations sont vraies. Dans l’alimentation de tous les jours, la maltodextrine signale un produit ultra-transformé. Mais chez une personne qui mange trop peu, elle devient un véritable outil de soin.

La maltodextrine, c’est quoi exactement ?

[Établi] C’est un sucre fabriqué à partir d’amidon de maïs, de blé ou de pomme de terre. L’amidon est découpé en petites chaînes de glucose. Le résultat est une poudre blanche, presque sans goût, qui se dissout très facilement. Une cuillère à soupe apporte environ 30 à 40 kcal selon le produit.

Pourquoi est-elle classée ultra-transformée ?

La classification NOVA juge un aliment selon ses ingrédients. Un ingrédient qu’on ne trouve jamais dans une cuisine suffit à classer un produit en catégorie 4. Biscuits, sauces ou plats préparés en contiennent souvent. [Établi] Son index glycémique est très élevé, supérieur à celui du sucre de table. Pourtant, elle apparaît à peine dans la ligne « dont sucres » des étiquettes.

Alors pourquoi la conseiller ?

Chez une personne âgée dénutrie ou en traitement contre un cancer, le problème n’est pas l’excès, mais le manque. La maltodextrine ajoute des calories sans augmenter le volume de l’assiette. Elle ne sucre presque pas, donc elle se glisse aussi dans le salé. La grille NOVA n’a tout simplement pas été pensée pour la nutrition médicale.

Autre idée reçue fréquente : « le sucre nourrit le cancer ». [Établi] Se priver de sucre n’affame pas la tumeur, car le corps fabrique lui-même son glucose. En revanche, la dénutrition affaiblit le patient et sa tolérance aux traitements.

Ses limites

La maltodextrine n’apporte que de l’énergie : ni protéines, ni vitamines, ni minéraux. Elle ne protège donc pas les muscles à elle seule. [À confirmer] Des études, surtout animales, suggèrent qu’elle pourrait fragiliser la barrière intestinale. Cela reste à démontrer chez l’humain.

Nos conseils pratiques

Concrètement, voici comment l’utiliser à bon escient :

  • Enrichissez d’abord en protéines : lait en poudre, œuf, fromage râpé. La maltodextrine vient ensuite, si les apports en calories restent trop faibles.
  • Commencez par de petites quantités, réparties dans la soupe, la purée, la compote ou le laitage, plutôt qu’en une seule grosse prise.
  • En dehors de la dénutrition, limitez-la : lisez les étiquettes, y compris sur les produits « sans sucres ajoutés » et les édulcorants en poudre.

Quand consulter : en cas de perte de poids involontaire (5 % en un mois ou 10 % en six mois), un avis médical s’impose. Demandez aussi conseil avant d’enrichir l’alimentation en cas de diabète, de maladie rénale, de maladie inflammatoire de l’intestin, de chirurgie de l’obésité, ou chez une personne très amaigrie : une renutrition trop rapide peut être dangereuse.

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

La maltodextrine contient-elle du gluten ?

Non, même lorsqu’elle est fabriquée à partir de blé. Sa purification élimine le gluten, et la réglementation européenne la dispense d’ailleurs de la mention allergène. Elle convient donc aux personnes cœliaques.

Une personne diabétique peut-elle prendre de la maltodextrine ?

Uniquement en cas de dénutrition et avec l’accord du médecin. Son index glycémique est très élevé : il faut fractionner les prises, l’associer aux repas et surveiller la glycémie.

Pourquoi la maltodextrine n’apparaît-elle presque pas dans les sucres de l’étiquette ?

La ligne « dont sucres » ne compte que les sucres simples. La maltodextrine est faite de chaînes de glucose plus longues : elle échappe donc en grande partie à ce calcul, alors qu’elle fait monter la glycémie très vite.

Quelle différence entre une poudre de maltodextrine et un complément nutritionnel oral ?

La poudre de maltodextrine n’apporte que de l’énergie. Un complément nutritionnel oral (CNO) apporte à la fois des calories, des protéines, des vitamines et des minéraux. Les deux peuvent se compléter, sur conseil d’un professionnel de santé.



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